Pierre MAURAN - Chef des ALBIGEOIS

 

Une notice de 1769 présente Pierre Mauran comme un hérétique du 13e siècle condamné à l’exil par l’Eglise. L'article décrit notamment la scénographie liée à la condamnation. Il souligne en conséquence la richesse du personnage, qualifié de chef des Albigeois en Languedoc. Ses biens sont saisis et ses châteaux, dont on aimerait avoir plus de précisions, sont démolis en représailles.

 

DOCUMENT

Pierre MAURAN - Notice

 

« MAURAN (Pierre) homme riche, fut regardé dans le XIIIe siècle comme le chef des Albigeois en Languedoc. On l’engagea par caresse à comparaître devant le légat que le pape avait envoyé. Dans l’interrogatoire qu’on lui fit subir, il déclara que le pain consacré par le prêtre n’était pas le corps de Jésus-Christ. Les missionnaires ne purent s’empêcher de répandre des larmes sur le blasphème qu’ils venaient d’entendre, et sur le malheur de celui qui l’avait prononcé : ils déclarèrent Mauran hérétique, et le livrèrent au comte de Toulouse qui le fit enfermer. Tous ses biens furent confisqués, et ses châteaux démolis.

Mauran promit alors de se convertir et d’abjurer ses erreurs : il sortit de prison, se présenta nu, en caleçon, devant le peuple, et s’étant prosterné aux pieds du légat et de ses collègues, il leur demanda pardon, reconnut ses erreurs, les abjura, et promit de se soumettre à tous les ordres du légat. Le lendemain, l’évêque de Toulouse et l’abbé de saint Sernin l’allèrent prendre dans la prison : il en sortit nu et sans chaussure, ces deux prélats le conduisirent en le fustigeant jusqu’aux degrés de l’autel, où il se prosterna aux pieds du légat, et abjura de nouveau ses erreurs.

On lui ordonna de partir dans quarante jours pour Jérusalem, et d’y demeurer trois ans au service des pauvres, avec promesse, s’il revenait, de lui rendre ses biens, excepté ses châteaux, qu’on laissait démolis en mémoire de la prévarication. Il fut condamné de plus à une amende de cinq cent livres pesant d’argent envers le comte de Toulouse, son seigneur, à restituer les biens des églises qu’il avait usurpés, à rendre les usures qu’il avait exigées, et à réparer les dommages qu’il avait causés aux pauvres »

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Bibliographie

Nouveau dictionnaire historique-portatif, tome troisième, M-P, Amsterdam, 1769, p. 129