Le Marquis de COURBON et les MIQUELETS

 

Connaissez-vous le marquis de Courbon ? Cet aventurier fut enrôlé dans sa jeunesse au sein des Miquelets. Après avoir déserté leur troupe et mené une carrière de mercenaire, il décède à 38 ans au siège de Nègrepont, mené contre les Turcs (1688). Sa biographie relatée par l’un de ses amis est publiée à Lyon en 1692. Une notice paraît ensuite dans le grand dictionnaire historique de Moreri en 1731, avant d’être résumée dans un dictionnaire portatif. Ce dernier texte brosse en quelques mots le rude quotidien des Miquelets.

 

 DOCUMENT

Le Marquis de Courbon

 

« Né à Château-neuf du Rhône, petit bourg du Bas-Dauphiné, d’une famille médiocre, ne dut son élévation et sa fortune qu’à son courage et à sa conduite. Son inclination pour les armes le dégoûta bientôt du collège où son père s’obstinait à le retenir. Il écrivit, sous le nom de son père, une lettre à un marchand, pour le prier de fournir à son fils ce qui serait nécessaire à son équipage. En ayant reçu de l’argent par cet artifice, il acheta des habits et des armes, déroba le cheval de son frère, et alla servir en qualité de volontaire dans l’armée des Pays-Bas.

La paix ayant été conclue entre la France et l’Espagne, il alla chercher l’emploi dans les pays étrangers ; mais en traversant les Pyrénées, il tomba dans une embuscade de voleurs qui le dépouillèrent. Il rencontra heureusement un hermite français, nommé Duverdier, qui le retint plusieurs mois dans son hermitage, et lui prêta cinquante piastres pour retourner en France, où l’on commençait à faire de nouvelles levées.

Il eut le malheur de rencontrer des Miquelets en repassant les Pyrénées. Voyant qu’il ne pouvait leur échapper, il les pria de le recevoir dans leur troupe qui était environ de trente hommes, ce qu’il obtint : il s’accoutuma bientôt à leur manière de vivre, à coucher tantôt dans des cavernes, et tantôt en rase campagne. Ayant profité des ténèbres de la nuit, et du profond sommeil où il les vit un jour plongés, il s’échappa, vint à Perpignan, et de-là à Paris ».

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Bibliographie

Dictionnaire historique, littéraire et critique, tome II, MDCCLVIII, p.946.

Pour en savoir plus

Aimar, La vie de Courbon, Lyon, 1692