LA CRUE DU 26 OCTOBRE 1915 A PERPIGNAN

 

Selon un rapport officiel établi à la fin de l’année 1917, la ville de Perpignan a connu trois crues exceptionnelles respectivement datées de 1685, 1842 et 1915. Ces données chronologiques figurent dans le rapport de la Commission extra municipale des inondations, rédigé à la suite de la crue extraordinaire intervenue à l’automne 1915, précisément le 26 octobre 1915. Celle-ci avait eu pour origine un épisode pluvieux « soudain et violent », occasionnant le débordement des cours d’eau dont le flux se répand alors à travers la ville.

A la suite de cette inondation, le conseil municipal de Perpignan commande à cette commission extra municipale la réalisation de trois études, portant la première sur l’historique des inondations, la seconde sur l’étude spécifique des inondations des cours d’eau locaux de la Basse et du Ganganeil en 1915, et la troisième sur l’insuffisance des égouts de la ville. Le second de ces rapports, étudiant l’inondation de 1915 liée aux crues de la Basse et du Ganganeil lors de leur traversée de la ville fait ici l’objet d’une transcription.

Composé de 19 pages manuscrites, ce document comporte trois parties : il débute par la description physique des deux cours d’eau et leur effet lors de la crue, se poursuit par l’évocation des causes liées à l’occupation du sol par les riverains, et s’achève par les mesures envisagées pour éviter le retour d’un tel désastre. On notera dans ce document quelques points de repère géographiques liés au tissu industriel et agricole : l’usine Fourcade Abblard, la briqueterie de Chefdebien installée dans le quartier de Mailloles, à proximité du Ganganeil et de la Fontaine d’Amour, ou encore, en termes d’ethnosociologie, le rôle pluriséculaire des jardiniers qui contrôlent le centre de la ville par le canal des Jardins de St Jacques.

 E. PRACA

 

DOCUMENT

Ville de Perpignan

Commission extra municipale des inondations

Rapport de la sous-commission de la Basse et du Ganganeil

 

« À la suite des dommages causés dans divers quartiers de la ville par la crue extraordinaire du 26 octobre 1915, le conseil municipal de Perpignan a confié à une commission extra municipale le soin de rechercher les causes des inondations provenant des eaux de la Basse et du Ganganeil, ainsi que celles dues à l'insuffisance des égouts.

Dès sa première réunion, cette commission s'est subdivisée en trois sous-commissions chargées : la première, d'étudier l’historique des inondations ; la deuxième, d'étudier les inondations de la Basse et du Ganganeil ; la troisième d'étudier les inondations dues aux égouts.

Le présent rapport présenté par la sous-commission de la Basse et du Ganganeil, a pour objet l'étude des inondations dues à ces deux rivières et des mesures à prendre pour en éviter le retour. Pour se rendre compte de ce qu'il est possible de faire il convient de montrer par la description des lieux les causes des inondations.

Rivière de la Basse

La Basse a son origine, en amont de Toulouges, aux abords de la métairie Hainaut. Elle a une longueur de 9 kilomètres environ ; mais son bassin est plus étendu qu'on ne pourrait le penser d'après sa longueur, parce que cette rivière reçoit les eaux de nombreux ravins qui descendent des coteaux de Castelnau, de Thuir, de Sainte-Colombe et de Llupia.

La rivière de Castelnau, dont le lit n'a pas moins de 15 m, à la traversée du chemin de Thuir à Millas (chemin de grande communication n° 4bis), déborde pendant les fortes crues, par une large dépression que présente la rive droite près du Mas de Conte. Les eaux s'étendent au loin dans la plaine, viennent se joindre à celle du ravin de la Dou, qui passe à Llupia, et du ravin de la Trencade et de la Riberette qui contourne Thuir pour inonder la route de Perpignan à Thuir, au droit de la métairie de Germainville (ancienne Ferme école) avant de tomber dans la Basse.

La Basse est donc un canal d'écoulement alimenté par plusieurs torrents auxquels elle fait suite. Elle reçoit en outre les eaux d'une grande superficie de terrains du plateau de Thuir ainsi que les eaux de sources et de colatures d'arrosage qui tombent dans l’Achau ou canal de Toulouges.

Le lit de la Basse est assez encaissé et les eaux coulent sur une grande partie du parcours directement sur le tuf qui est généralement très près de la surface.

Rivière du Ganganeil

Le Ganganeil est un petit cours d'eau d'une longueur de 7 kilomètres coulant dans un bassin étroit contigu à celui de la Basse, d'une superficie de 2200 ha environ, limité par les mamelons qui se succèdent depuis Ponteilla jusqu'aux fortifications de Perpignan, en passant par le Serrat d’en Vaquer.

Après avoir assuré l'assainissement des petits étangs de Ponteilla et de Canohès, il se confond avec le ruisseau de Mailloles jusqu'au déversoir de l'usine Fourcade, après l'établissement des Haras, et vient se jeter dans la Basse en aval du faubourg Saint-Martin, en face le quai Nobel. Cette rivière reçoit le produit des eaux pluviales tombant sur un bassin dont le sol est presque partout argileux.

Le débit d'étiage de la Basse et du Ganganeil est très faible, mais en temps de pluie prolongée ou torrentielle, les eaux coulant sur des terrains en grande partie imperméables arrivent rapidement et presque toujours simultanément dans les deux bassins et occasionnent des crues soudaines et violentes.

Crue du 26 octobre 1915

La tradition conservera le souvenir de la crue du 26 octobre 1915 pendant laquelle les eaux ont enseveli tous les quartiers de la ville bordant les deux rivières, en couvrant les rives et les quais, depuis la venue de Belfort jusqu'au faubourg Notre-Dame.

Sur la Basse, le pont Ribère, le pont éclusé d'amont et le pont métallique ont été surmontés par cette crue ; le pont de la route nationale n°9 a siphonné, ainsi que le pont éclusé d’aval au pont du Castillet ; le pont à dos d'âne a été presque aveuglé. Les 7 ponts en maçonnerie qui existent sur le Ganganeil entre l'avenue de Belfort et l'usine Fourcade ont été insuffisants pour débiter cette grande crue.

L'inondation n'a duré que trois heures environ ; on n'a pas eu à déplorer aucun événement funeste, mais les dommages matériels ont été très sérieux. Cette crue provoquée par une trombe d'eau qui s'est abattue en même temps dans l'étendue des deux bassins de réception de la Basse et du Ganganeil, paraît avoir été aussi importante que celle du 24 août 1842, considérée comme la plus forte connue jusqu'alors, et qui survint aussi à la suite d'un orage très court est très violent.

Depuis 1842, la situation des lieux a été complètement transformée par suite de la démolition des remparts, de l'établissement de la voie ferrée et des quais, de la construction ou de la réfection des ponts, du remblaiement des terrains submersibles pour la création de nouveaux quartiers, etc...

Ces modifications profondes empêchent les eaux de s'épancher librement sur les deux rives comme autrefois, et ne permettent pas de faire avec exactitude un rapprochement entre les crues de 1842 et 1915, faute de repères bien sûrs. Cependant on sait que la cote de l'inondation de 1842 a été de 31,40 au pont éclusé d'amont et de 29,93 au pont Notre-Dame ou à dos d’âne. Le 26 octobre 1915 ces cotes ont été légèrement dépassées.

Des inondations comme celle de 1842 ou de 1915 sont heureusement fort rares ; cependant on peut toujours craindre le retour de pareil désastre et il importe de rechercher les moyens d'affranchir les quartiers bas de la ville de Perpignan des inconvénients inhérents à l'état actuel des lieux.

 

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En raison de l'importance des questions envisagées, des intérêts à se garder, une enquête fut décidée à la réunion générale du 11 février 1916 pour recueillir tous renseignements utiles au sujet des inondations et sur les mesures susceptibles d'être adoptées pour y remédier.

Cette enquête a eu lieu du 22 au 26 février 1916. Comme suite à l'enquête, les membres de la sous-commission ont procédé le 8 juillet à une visite du lit du Ganganeil et de la Basse dans toute la traversée de la ville. Le Ganganeil a été parcouru depuis le gué de Mailloles jusqu'à son confluent avec la Basse, et la Basse depuis le pont du chemin de fer jusqu'à la Tet.

Depuis la confection du plan cadastral, la partie du cours de la Basse située en amont de l'embouchure du Ganganeil a subi diverses modifications par suite des empiétements des riverains, et le lit actuel se trouve manifestement trop étroit. Quant au Ganganeil, il a été dévié et rétréci sur plusieurs points de son parcours, notamment entre le pont du chemin de fer et le déversoir de l'usine Fourcade.

Ces deux cours d'eau sont obstrués par des atterrissements, des dépôts de toute nature, des arbustes, des arbres, etc..., qui nuisent à l'écoulement des eaux et facilitent les débordements. Le curage étant négligé depuis longtemps, leur lit s’exhausse progressivement.

Les constatations faites pendant la visite des lieux et les améliorations susceptibles d'être immédiatement réalisées ont fait l'objet d'un procès-verbal qui a été transmis à M. le maire de Perpignan le 9 novembre 1916 et dont une copie fait suite au présent rapport.  Il paraît utile de mentionner certains faits se rattachant directement à l'étude poursuivie et qui se sont produits depuis la création de la Commission extra municipale.

M. le maire a communiqué une lettre en date du 15 juillet 1916 par laquelle M. Henri Ribère donne sa démission de membre de la Commission extra municipale et fait connaître que le quartier de la route de Thuir risque d'être éprouvé à la moindre crue par suite du barrage du Ganganeil au droit de la Fontaine d'Amour.

Ponceau Chefdebien - Propositions de ce propriétaire

Sur le point indiqué, il n'y a aucun barrage. M. Ribère a voulu signaler sans doute la situation particulière du ponceau établi par M. Chefdebien pour le passage reliant la route d'Espagne à la route du Thuir.

Ce ponceau avait été affouillé à la suite de l'inondation du 26 octobre 1915, et la couverture en ciment armé s'étant affaissée vers l’aval, diminuait la section et constituait ainsi un obstacle à l'écoulement des eaux en cas de crue. M. Chefdebien invité à rétablir cet ouvrage d'après les dispositions de l'arrêté d'autorisation du 29 octobre 1912, s'est conformé à cette injonction.

Il convient d'ajouter que les pourparlers sont engagés depuis 1902 entre ce propriétaire et la municipalité pour la cession à la ville du passage ci-dessus indiqué et de ses dépendances. Par lettre du 29 novembre 1916, M. Chefdebien a proposé à nouveau de céder tout le terrain nécessaire pour rectifier et élargir l'étranglement que présente le Ganganeil sur ce point et pour ouvrir une grande rue destinée à relier la route d'Espagne à la route de Thuir.

Cet étranglement nuit beaucoup à l'écoulement des eaux. Celles-ci à chaque forte crue, par leur surélévation en amont, occasionnent, dans les murs de clôture de l'Etablissement des Haras et des petites soeurs des pauvres, des brèches par où elles passent pour envahir ensuite le quartier de la route de Thuir, aux abords de l'avenue Ribère. L'élargissement du Ganganeil au droit du terrain Chefdebien améliorerait cette partie de la ville qui prend une grande extension ; il appartient au conseil municipal de décider cette amélioration, après entente avec M. Chefdebien.

Barrage du Canal des Jardins de Saint-Jacques

En second lieu, le 23 septembre 1916, M. le Maire a demandé à M. le Préfet de faire exécuter par le Syndicat du Canal des Jardins de Saint-Jacques les prescriptions imposées pour la manoeuvre des vannes de prise d'eau dans la Basse, afin de prévenir les dommages qui résultent à chaque inondation des conditions défectueuses dans lesquelles a été construit cet ouvrage.

Un arrêté préfectoral du 16 octobre 1916 a mis ce syndicat en demeure de réaliser dans un délai de six mois des dispositions satisfaisant à l'article 5 de l'arrêté d'autorisation du 8 septembre 1891, ainsi conçu : « Les fermetures des pertuis seront disposées de manière que l'on puisse facilement les lever en temps de crue. »

Cette question a pris une autre tournure depuis la chute du barrage, qui a été emporté par la crue du 30 novembre 1916 ; le Syndicat du Canal des Jardiniers a été informé qu'il ne serait pas autorisé à rétablir son barrage dans les conditions anciennes. Il a été invité dès lors à étudier un ouvrage présentant des dispositions telles qu'il ne constitue pas un obstacle à l'écoulement des eaux en temps de crue. Le projet de ce nouvel ouvrage n'a pas encore été présenté à l'approbation de l'Administration.

Afin d'assurer l'irrigation, le Syndicat s'est borné à amener provisoirement l'eau dans le Canal au moyen d'une rigole longeant le quai de rive droite à partir du pont éclusé d'aval.

Curage du Ganganeil

Enfin, par une pétition du 1er octobre 1916, M. Fourcade Abblard, industriel, a demandé à M. le Préfet d'ordonner le curage du Ganganeil, sous prétexte que cette opération étant négligée par les riverains, son usine éprouvait de ce fait un grave préjudice, car l'écoulement des eaux lui donnant la force motrice ne pouvait plus s'effectuer à cause des atterrissements et des dépôts situés en aval.

Le service hydraulique a profité de cette demande pour proposer le curage du Ganganeil depuis le gué de Mailloles jusqu'à la Basse, afin de rétablir le lit naturel de ce ravin et pour que les eaux aient un écoulement faible et régulier. Ce curage prescrit par arrêté du 13 novembre 1916 n'a été effectué que par une partie des riverains.

Il convient de rappeler qu'un arrêté préfectoral du 20 octobre 1864, pris après enquête, a réglementé le curage du Ganganeil et qu'un arrêté du 12 février 1866, pris à la suite d'une délibération du Conseil Municipal en date du 23 septembre 1865, a fixé les époques de curage et de faucardement de ce cours d'eau.

Travaux à réaliser 

Le problème à résoudre consiste à régler l'écoulement des grandes crues de manière qu'elles puissent prendre un caractère alarmant dans aucun quartier de la ville.

Les quartiers à protéger forment trois zones comprises : A - entre le pont du chemin de fer le pont de la route nationale numéro neuf (quartier de la gare) ; B - entre le pont de la route nationale n° 9 et la Tet, c'est-à-dire l'intérieur de la ville et le faubourg Notre-Dame ; C - entre l'avenue de Belfort et le faubourg Saint-Martin par la route d'Espagne et la route de Thuir.

Zone A – Entre le pont du chemin de fer et le pont de la route nationale n°9 (quartier de la gare) 

Le curage et la régularisation du lit de la Basse, complétés par la construction de quais peuvent protéger cette zone contre les crues exceptionnelles.

Le curage de la Basse est réglé par un arrêté du 27 octobre 1836, d'après lequel ce travail doit être exécuté par la Ville, dans la partie comprise entre le pont de la route nationale n° 9 et le barrage du Canal des Jardiniers. Entre ce barrage et la Tet, le curage est effectué par les soins du Syndicat de défense de la Tet. Dans la partie de la Basse en amont du pont de la route nationale n°9, le curage incombe aux riverains. Il y aurait avantage pour tous les intéressés qui ont à souffrir des débordements de la Basse dans cette zone, de former une association pour le curage et le maintien de cette rivière en bon état.

En vue du redressement et du curage de la Basse et du Ganganeil entre la voie ferrée et la Ville, un projet, avec constitution d'un syndicat d'office, comprenant les propriétaires des terres inondables, fut dressé en 1866 par le service hydraulique. On proposait de donner au plafond une largeur de 15 m à la Basse et de8 à 10 m. au Ganganeil avec berges inclinées à 45°.

La ville de Perpignan ayant demandé à se substituer aux syndicats, une décision ministérielle du 19 mai 1888 fit connaître que l'organisation proposée par le conseil municipal était inadmissible. Depuis lors aucune suite n'a été donnée à cette affaire. Il serait intéressant de reprendre cette question, de constituer une association syndicale autorisée, conformément aux dispositions des lois des 21 juin 1865 et 22 décembre 1888, ayant pour objet le curage, l'approfondissement, le redressement et la régularisation de la Basse et du Ganganeil.

Les propriétaires intéressés peuvent se réunir en association syndicale soit sur la demande de l'un ou de plusieurs d'entre eux, soit sur l'initiative du Maire. D'ailleurs le Maire de Perpignan, après autorisation du Conseil Municipal, ferait partie de l'association pour représenter les biens de la commune. Il semble donc que l'initiative de la formation de cette association devrait être prise par le Maire après accord avec le Conseil Municipal.

Le plan dressé à cet effet fixerait les alignements de la Basse et des quais à construire, en aval du quai Nobel jusqu'au pont du chemin de fer. Après la construction des quais destinés à protéger les quartiers compris dans cette zone, le syndicat serait dissous, car l'entretien du lit de la Basse incomberait alors exclusivement à la Ville.

Zone B – Entre le pont de la route nationale n° 9 et la Tet, c'est-à-dire l'intérieur de la ville et le faubourg Notre-Dame 

Il y a lieu, cependant, de faire observer, que toute amélioration de la partie amont, ayant pour effet de faciliter l'écoulement des eaux, peut aggraver d'autant la situation de la partie aval, c'est-à-dire du Centre de la Ville où l’inondation offre le plus de danger et peut causer le plus de dommages.

Les curages ne sont pas un remède pour les inondations en général ; ils tendent au contraire, en se généralisant, à les aggraver plutôt qu'à les amoindrir. L'étude de la question devient ainsi très délicate parce que souvent le bien et le mal se mêlent. La commission considère, néanmoins, comme une bonne opération le curage du Ganganeil et de la partie de la Basse, en amont du pont de la route nationale n°9, où dans un lit irrégulier et rétréci, divers obstacles surélèvent le débordement ; mais il importe également d'examiner les travaux à réaliser à la partie aval, dans la traversée de la Ville, pour que les eaux des grandes crues puissent s'écouler aussi rapidement que possible.

Il est manifeste d'ailleurs que toute amélioration effectuée à l’aval aura pour effet immédiat d'abaisser le plan d’eau à l’amont. D'après la situation actuelle des lieux, on ne doit pas chercher à diminuer la hauteur des inondations par l'élargissement du lit dans l’intérieur de la Ville.

D'un autre côté, pour rendre les quais insubmersibles, il faudrait les exhausser considérablement car ils ont été couverts par les eaux d'une hauteur variant de 1 m à 1m 80, alors que leur largeur moyenne est de 12 m sur chaque rive ; cet exhaussement est impraticable, car leur raccordement avec les rues voisines ne serait pas possible.

Il serait indispensable également de donner à tous les ponts un débouché suffisant pour débiter le volume des fortes crues. Les dimensions de ces ponts sont indiquées ci-après :

(Image à ajouter)

Pour examiner les mesures à prendre, il faut d'abord remonter à la cause des inondations extraordinaires.

Les crues de 1842  et de 1915 ont été le résultat d'une perturbation atmosphérique qui a provoqué une trombe. Les eaux tombant alors avec précipitation sur des terrains en grande partie imperméables se rendent vite au thalweg ; dans la traversée de la Ville où elles sont resserrées, elles produisent une intumescence qui se développe et s'étend sur les quartiers bas jusqu'à ce que la section soit suffisante pour débiter les eaux d'amont.

C'est alors qu'a lieu le maximum, lequel est suivi d'une période décroissante pendant laquelle le volume de l'eau écoulée diminuant, l'inondation s'apaise et disparaît.

Une grande inondation en ville représente par suite une onde qui se surélève dès qu'elle rencontre des obstacles qui la resserrent et qui s'aplatit au contraire si elle peut s'écouler rapidement ou s'épanouir dans un espace libre ; deux moyens se présentent pour agir sur cette onde. On peut curer et approfondir le lit afin d'abaisser le niveau des crues et donner aux eaux l'écoulement le plus prompt possible vers l'aval, de façon à les évacuer au fur et à mesure qu'elles arrivent, ou bien dévier une partie de ces eaux par l'ouverture d'un canal de décharge.

Avant d'examiner ces moyens d'action, il convient de déterminer le débit maximum de la crue du 26 octobre 1915. Les opérations sur le terrain effectuées à ce sujet entre le pont de la route nationale n°9 et la Tet ont permis à M. Toubert, secrétaire de la Commission extra municipale, d'évaluer ce débit à 280 mètres cubes par seconde à l’amont de ce pont, et de procéder à une étude sommaire des travaux à exécuter pour empêcher les débordements de la Basse dans l'intérieur de Perpignan.

Le débit de 280 mètres cubes représente seulement le volume des eaux amenées en Ville par la Basse et le Ganganeil. Il est évident que le débit maximum de la crue en amont du pont de la route nationale n°9 a été plus élevé, attendu que les eaux de débordement ont, d'un côté, surmonté le quai Nobel et de l'autre, pénétré en Ville par le passage Saint-Martin.

Pendant la trombe du 26 octobre 1915 qui a duré trois heures, l'observatoire de la Pépinière a relevé une hauteur de 117 m/m 6, correspondant à une chute de 109 litres par seconde et par hectare des bassins de réception, lesquels ont une superficie de 9000 ha environ. Le débit de la pluie tombée est de 935 mètres cube par seconde. La Basse et le Ganganeil qui servent d'émissaires en Ville ont donc débité 1/3 de l'eau tombée sur les deux bassins desservis soit 308 mètres cubes environ.

Il a résulté de cette étude (jointe au dossier) qu'on pourrait obtenir une amélioration générale de l'écoulement des grandes crues par un approfondissement du lit de la Basse, entre le confluent du Ganganeil et le barrage de prise d’eau du Canal des Jardins de Saint-Jacques, démoli par la crue du 30 novembre 1916. M. Toubert termine son étude par cette conclusion : « On obtiendrait ainsi par rapport à l'inondation de 1915, un abaissement du plan d'eau de 2 m environ à l'amont du pont de la route nationale n°9. Il suffirait donc de régulariser le lit de la Basse à l'amont de cet ouvrage pour rendre désormais impossible la submersion du quai Nobel. »

L'approfondissement du lit est un travail simple et courant, qui paraît susceptible de mettre l'intérieur de la Ville à l'abri des inondations et de produire en même temps, dans le niveau maximum des crues, une grande atténuation qui se ferait sentir dans toutes les zones actuellement submersibles.

Il est manifeste qu'en approfondissant le lit de la Basse, on concentrerait les eaux dans un chenal de section plus favorable à l'écoulement des crues exceptionnelles. La Sous-Commission de la Basse appelle l'attention sur cette étude sommaire dont les dispositions paraissent heureuses, d'une exécution facile et relativement économique pour le but à atteindre.

Afin de diminuer la hauteur des inondations, il conviendrait de compléter l'approfondissement en question : 1° par le remplacement du pont Notre-Dame ou pont en dos d'âne, dont les naissances sont au niveau de l'étiage et qui a un débouché trop petit, par un ouvrage d’un débouché plus grand et ne formant pas barrage ; 2° par l'élargissement de la Basse à l’étranglement qui existe à 42 mètres en aval de ce pont dans le prolongement de l'avenue de la Pépinière et du boulevard de la Méditerranée.

Canal de décharge

Une autre solution plus efficace peut être envisagée. Elle consiste à ouvrir en amont de la ville un canal de décharge allant de la Basse à la Tet. Cette question a été déjà étudiée par le Service des Ponts et Chaussées.

Un projet de canal de décharge fut dressé en 1859 dans le but de protéger les parties de la Ville éprouvées par l'inondation du 24 août 1842. Ce projet fut présenté pour répondre à une demande de renseignements du Ministère au sujet des quais que la Ville de Perpignan se proposait de construire pour encaisser la Basse.

Le canal à ouvrir devait longer l’accotement de la route nationale n°9, à partir du pont de cette route pour tomber dans la Tet au droit du marché aux bestiaux. Ce canal de 20 m de largeur sur 750 de longueur avec pente de 0,0017 m aurait débité 170 m³ par seconde.

Le seuil était fixé à 0,80 au-dessus du thalweg de la Basse, afin de permettre aux petites crues de continuer à s'écouler comme par le passé. La dépense relative à cette dérivation était évaluée à 500 000 frs. On espérait après l'ouverture de ce canal de décharge que l'abaissement de la hauteur des crues serait suffisant pour que la Ville et les faubourgs ne soient pas inondés.

Dans l'enquête ouverte sur ce projet, les propriétaires intéressés, comptant qu'une crue pareille à celle du 24 août 1842 ne se reproduirait plus, du moins avant un long espace de temps, refusèrent de contribuer à la dépense.

M. le Maire dans son avis, en date du 8 novembre 1859 relatif à cette enquête, s'exprime ainsi : « Dans le cas d'une inondation exceptionnelle, comme celle du 24 août 1842, la seule qui se soit produite depuis 1685, il est bien reconnu qu'à moins de dépenses considérables, la Ville ne peut pas se mettre à l'abri des hautes eaux dont elle n'avait jamais eu à souffrir. » L'exécution de ce projet fut ajournée par décision ministérielle du 15 décembre 1859.

Ainsi donc, en 1859, la Ville de Perpignan a renoncé à l'exécution d'un canal de décharge qui pouvait la mettre à l'abri des plus grandes inondations. Elle a cru sans doute que pour éviter un mal qui ne se reproduit qu'à de longs intervalles, il semble peu justifié d'exécuter des ouvrages coûteux. Elle se borna à construire des quais susceptibles de la défendre seulement contre des crues de hauteur moyenne.

On avait reconnu à cette époque qu'avec la hauteur projetée pour ces quais, le lit de la Basse aurait dû avoir une largeur de 40 m environ pour débiter la crue du 24 août 1842. La largeur actuelle entre ces quais varie depuis 21 m 60 au droit de la fonderie Thouvenel jusqu'à 36 m 20 au pont éclusé du Castillet.

Si ce canal avait été construit, il était hors de doute que la Ville n'aurait pas eu à souffrir des désastres dont nous avons été témoins, à la suite de l'inondation du 26 octobre 1915. Le canal projeté en 1859 devait être établi à la limite des fortifications. Celles-ci ont été démolies depuis cette époque. Par suite de la situation actuelle des lieux et de l'extension de la Ville vers la gare, on ne peut pas songer à construire aujourd'hui un canal de décharge dans l'intérieur de l'agglomération.

Ce canal devrait être rapporté en amont des habitations du faubourg St Assiscle. L’emplacement le plus convenable pour le point de départ de cet ouvrage paraît être aux abords du Foulon vers l'origine du ruisseau Royal.

Ce canal irait tomber dans la Tet en amont de l'usine électrique. Sa longueur serait de 850 m et sa section devrait assurer un débit de 170 m³ environ, afin que les quais ne soient jamais surmontés. Bien qu'il n'ait été procédé à ce sujet à aucune étude sur le terrain, l'inspection des lieux montre qu'un pareil canal peut être ouvert dans cette partie.

Évidemment la dépense serait assez considérable à cause des nombreux ouvrages à construire pour la traversée des chemins et des ruisseaux ; mais la protection des centres habités exige impérieusement de grands sacrifices ; il s'agit en effet de mettre à l'abri des inondations une superficie de 60 ha environ occupés par des constructions.

Zone C - Entre l'avenue de Belfort et le faubourg Saint-Martin par la route d'Espagne et la route de Thuir.

La route de Thuir a été envahie à la fois par les eaux de débordement de la Basse et du Ganganeil. La route d’Espagne et le faubourg St Martin ont été inondés par les eaux du Ganganeil et par les eaux pluviales venant des mamelons qui contournent ce quartier vers le Sud, depuis la briqueterie Chefdebien jusqu’au glacis des fortifications de la Citadelle.

Pour préserver cette zone, il est indispensable d’effectuer le curage du Ganganeil prescrit par arrêté du 13 novembre 1916 et le curage de la Basse dont il a déjà été question à propos des travaux à réaliser dans la zone A.

Il importe de donner au lit de la Basse et à celui du Ganganeil leur largeur normale et d’enlever tous les dépôts et les obstacles qui nuisent au libre écoulement et relèvent le plan d’eau.

Les riverains négligent, en général, le curage de la Basse parce que cette opération pour être efficace doit être le résultat d’un effort collectif. Un riverain perdrait en effet son temps à curer seul la moitié de la longueur du lit, si de l’autre côté l’on ne faisait rien.

C’est pour ce motif que la Sous-Commission préconise la constitution d’une association syndicale afin d’assurer l’entretien de cette partie de la Basse, en attendant la construction des quais prévus depuis longtemps jusqu’au pont Ribère.

En dehors de l’opération du curage du Ganganeil, il est indispensable de faire disparaître l’étranglement dont il a été question plus haut au sujet de la réclamation Ribère et qui existe au droit de l’immeuble de M. Chefdebien. Ce propriétaire a proposé de céder le terrain nécessaire pour élargir et rectifier ce cours d’eau et en même temps, pour ouvrir une rue destinée à relier la route d’Espagne et la route de Thuir. Le Ville devrait hâter la solution de cette affaire.

Dérivation du Ganganeil

Enfin il paraît possible également d'établir une dérivation du Ganganeil allant du gué de Mailloles dans la Basse, vers l'origine du canal de décharge dont il a été parlé ci-dessus. Cette dérivation combinée avec le canal de décharge semble, a priori, devoir présenter aussi une solution heureuse du problème à résoudre. Si son application est pratiquement réalisable (ce qu'une étude approfondie pourra montrer) les crues ne prendraient plus de caractère alarmant dans aucun des quartiers de la ville.

Enfin il convient d'observer que le faubourg Saint-Martin est souvent envahi par les eaux pluviales qui arrivent rapidement pendant les grandes averses par la route d’Elne, le chemin de ronde et le chemin de la Passion Vieille, lesquels font leur jonction un peu en amont du cimetière Saint-Martin.

Le 26 octobre 1915, ce faubourg était inondé sur 0 m 60 une demi-heure environ avant le débordement du Ganganeil. Pour préserver ce quartier, il conviendrait de recueillir les eaux pluviales dans une grande rigole de 2 m au moins de largeur pour les déverser dans les fossés de la citadelle contiguë au passage Saint-Martin. Cette rigole pourrait être établie à partir de la rencontre des trois voies de communication ci-dessus indiquées. Ces eaux seraient ensuite évacuées dans le Ganganeil par un petit aqueduc qui aboutirait au ponceau de la route nationale n°9, presque au droit du pont Falguère.

Le rapporteur avait envisagé aussi une solution, consistant à introduire dans les fossés du passage Saint-Martin au moyen d'un déversoir, établi près du pont Falguière, le trop-plein des eaux du Ganganeil, afin d'atténuer les effets des grandes inondations.

Le Ganganeil, dans la crue du 26 octobre 1915, a débité 70 m³ environ par seconde, soit 4200 m³ par minute ; la surface de réception de ces fossés étant de 6500 m³ environ, le volume d'eau susceptible d'être emmagasiné serait au plus de 18 000 m³ ; en y introduisant un quart seulement du débit de ce cours d'eau, ce réservoir serait rempli en 16 minutes.

Pour diminuer l'intensité des crues du Ganganeil, il ne faut donc pas songer à utiliser les fossés de la fortification. Ceux-ci ne peuvent dès lors recevoir que les eaux de la rigole de déviation du faubourg Saint-Martin. Le Ganganeil se trouverait d'ailleurs déchargé du volume ainsi emmagasiné.

Conclusion

En résumé, la Sous-Commission est d'avis que l'on peut soustraire la Ville aux crues exceptionnelles par l'exécution de travaux ci-après :

1° : approfondissement du lit de la Basse entre le pont de la route nationale n°9 et le barrage du Canal des Jardins de Saint-Jacques, construction du quai de rive gauche en aval du pont Notre-Dame, et élargissement de la Basse entre ce pont et le barrage des jardiniers. 2° : curage et régularisation de la Basse entre le pont de la route nationale n°9 et le pont Ribère, complété par la construction de quais. 3° : curage et régularisation du Ganganeil et suppression de l'étranglement au droit de l'immeuble Chefdebien. 4° : construction d'une grande rigole de protection du faubourg Saint-Martin, aboutissant aux fossés de la fortification.

Les travaux 1, 2 et 3 peuvent être efficacement remplacés par les suivants : 5° : établissement d'un canal de décharge de la Basse à la Tet avec point de départ vers le Foulon. 6° : dérivation du Ganganeil à partir du gué de Mailloles, jusqu'à la Basse vers le Foulon. Pour assurer l'exécution de ces travaux, surtout leur entretien, la constitution d'une association syndicale établie sur les bases indiquées plus haut paraît indispensable.

La Sous-Commission estime que les mesures ci-dessus indiquées paraissent susceptibles de transformer la Basse et le Ganganeil de manière à obtenir une protection complète et efficace et à prévenir le retour des désastres produits par l'inondation du 26 octobre 1915. Il y a urgence à entreprendre ces travaux. Leur exécution ne donnera lieu qu'à des dépenses peu importantes sauf l'établissement du canal de décharge. Mais il faut reconnaître que cette dernière solution paraît être la plus décisive pour aboutir au résultat cherché ».

Perpignan, le 31 décembre 1917

Le rapporteur de la Sous-Commission de la Basse

Aggéri.

 

Ville de Perpignan

Commission extra municipale d'études

Sous-Commission des inondations de la Basse

Procès-verbal de visite des lieux

 

Le 8 juillet 1916, les membres de la Sous-Commission d'études des inondations de la Basse, sous la présidence de M. Ficatier, Ingénieur en Chef des Ponts et Chaussées, ont procédé à la visite du lit du Ganganeil et de la Basse dans toute la traversée de la ville de Perpignan. Les constatations faites sont relatées ci-après, ainsi que les améliorations qu'il a paru nécessaire à la Commission de réaliser.

Rivière du Ganganeil

A son embouchure, le Ganganeil est dévié vers l'amont et ses eaux refoulent ainsi que celles de la Basse en temps de crue. Cette embouchure est à rectifier et à diriger vers l'aval.

Pont de la route du Thuir : Le lit de la rivière est encombré, en outre, de gros platanes, en aval du pont, au droit des immeubles Falguière, constituant un obstacle à l'écoulement des eaux et un danger en cas de crue. Il est indispensable de curer le lit et d'enlever ces platanes.

Pont de l'usine Fourcade : Ouvrages trop étroits dont la réfection s'impose. Angle de murs, après le pont, à démolir pour rectifier le lit. Curage du lit entre ce pont et celui de la route de Thuir. Il convient d’interdire, dans cette partie, le jet d'ordures du quartier, par la petite rue derrière l'école maternelle et le magasin Soucas, et d’enlever les terres qui obstruent le lit.

Entre ce pont et l’entrée de l'allée de la Fontaine d'Amour, les arbustes accrus sur les bords doivent être enlevés et le lit doit être élargi. Il y a lieu d'interdire le jet d'ordures et de détritus de toutes sortes sur les berges et de les enlever toutes les fois qu'il s'en trouve. Faire des curages périodiques.

Le long de l'allée de la Fontaine d'Amour : Nettoyer le lit ; supprimer tous les obstacles à l’écoulement des eaux : arbres, arbustes, marches en maçonnerie, etc… Elargir au besoin le Ganganeil par le rétrécissement ou la suppression de la promenade publique et la modification du pont situé au droit de la Fontaine d’Amour et du lavoir municipal dont le débouché est insuffisant.

Passage et rétrécissement Chefdebien : Pont défectueux à élargir. Hâter les pourparlers entre la Ville et M. Chefdebien pour améliorer le passage reliant la route d’Espagne à la route de Thuir et redresser le Ganganeil. Suppression des platanes des Haras, situés dans le lit immédiatement en amont de ce passage.

Pont des Haras : Ouvrage d’un débouché tout à fait insuffisant avec direction défectueuse. Ce pont biais et surbaissé forme barrage. Curage du lit le long du dépôt d’étalons.

Pont accédant chez l'aumônier des petites soeurs des pauvres : Ouvrage étroit et d’un débouché insuffisant.

Pont du chemin de fer : Ce pont n’étant pas établi sur l’axe de cette rivière gêne l’écoulement des eaux. Il y a urgence à curer le lit sous cet ouvrage et en aval. En amont de ce pont, des riverains ont empiété dans le lit en établissant un jardinet protégé par des traverses. Lit ancien à rétablir et à curer jusqu’au pont de l’avenue de Belfort. Gros platane à supprimer entre ces deux ponts.

Partie amont de l’avenue de Belfort : Dans cette partie, le lit rétréci par suite des empiètements doit être élargi ; les terres retroussées sur les propriétés riveraines formeront digue. Ponceau à construire au lieu dit Mailloles, pour le chemin qui passe à gué. Elargir le cours d’eau et l’endiguer.

Rivière de la Basse

Curage du lit entre le pont du chemin de fer et le pont Ribère. Cube de déblais assez important à enlever ; les terres pourraient servir à rétablir le passage sur la rive gauche. Interdire sur les berges près du pont Ribère les jets d’ordures et de détritus que les eaux entraînent ensuite. En aval du pont Ribère, enlever au droit des immeubles Dhers et Vergès les piquets et arbustes plantés dans le lit pour servir de défense.

Platanes, autres arbres et piquets à supprimer le long du terrain Ribère. Suppression des plantations d’arbres dans le lit même de la rivière, ainsi que des barrières transversales, entre la propriété Vergès et le quai Nobel. Utilité de prolonger le quai Nobel jusqu’au pont Ribère.

Curage du lit au droit des jardins appartenant au bureau de bienfaisance (jardins populaires) et depuis l’embouchure du Ganganeil jusqu’au pont de guerre. Il a urgence à faucarder les sections qui peuvent arrêter les corps flottants et former barrage. Entre le pont de guerre et le pont éclusé d’aval au pont du Castillet, abaisser les berges remblayées à différentes reprises pour établir les gazonnements.

Pont métallique : Abaisser le radier. Enlever les fers barbelés qui ferment les côtés de la tête amont et arrêtent les corps flottants. Dégager le lit sous le palmarium. Etablir le quai de rive gauche en aval du pont Notre-Dame ou pont à dos d’âne.

Barrage de prise d’eau du canal des Jardins de St Jacques : Supprimer ou modifier ce barrage de manière à assurer le libre cours des eaux. Curage du lit en aval de la passerelle de l’Alcazar jusqu’à la Tet.