ESCARO-NORD et ESCARO-SUD – Chronologie des concessions

 

L’objet de cet article est d’esquisser la chronologie des concessions des mines de fer d’Escaro-Nord et d’Escaro-Sud, accordées sur le territoire de la commune d’Escaro, dans les Pyrénées-Orientales. Les sources consultées à cet effet l’ont été dans les années 1990 dans le cadre de recherches universitaires. A noter : l’article ainsi conçu privilégiant les principales mutations de propriétés de chacune des deux concessions, n’y apparaît pas mention des diverses sociétés exploitantes, mais uniquement celle des propriétaires.

Concession de la mine de fer d’Escaro-Nord

La concession d’Escaro-Nord est instituée par décret du 8 juillet 1813. Elle résulte d’une adjudication faite par l’Etat en faveur de trois propriétaires et maîtres de forges : Michel Aldebert, négociant et propriétaire à Montlouis, Jean-Jacques Escanyé, propriétaire à Vinça et César Escanyé, propriétaire à Nyer. Sous le Second Empire, James Jaume et Pierre Pontich en sont ensuite propriétaires. Les frères Pontich sont négociants domiciliés 51 rue des Couteliers à Toulouse. James Jaume, propriétaire de hauts fourneaux à Fuilla, réside 1 rue du quai à Perpignan. Plus précisément, ceux-ci sont propriétaires "en commun et par parts égales du bail emphytéotique de la mine de fer d'Escaro en vertu de divers actes publics, sous seings privés, et arrêt de la cour impériale de Montpellier".

Les familles Jaume, des Pyrénées-Orientales, et Frèrejean, de Savoie, sont alliées par leurs épouses nées Descallar. Alors qu'une demande en extension de la mine est faite mais non encore délivrée, ils en cèdent la concession à la société Frèrejean, Roux et Cie, négociants et maitres de forges à Lyon et Annecy (1869). L’extension de son périmètre à une superficie de 175 hectares est finalement consentie par décret du 23 juin 1880, alors que la société Frèrejean, Roux et Cie en est concessionnaire. Le 12 juin 1918 a ensuite lieu la mutation de propriété en faveur de la société minière Franco-Africaine puis le 12 avril 1935, la concession est vendue à la maison-mère, la Cie des Mines, Fonderies et Forges d’Alais (1). Enfin, une mutation de propriété intervient en faveur de la société Denain-Anzin, autorisée par décret du 19 décembre 1942. La déclaration d’abandon de la mine est faite le 30 janvier 1963 (2).

Concession de la mine de fer d’Escaro-Sud

La concession d’Escaro-Sud est pour sa part instituée en faveur de l’ingénieur anglais Edmund Sharpe par décret du 9 avril 1874 sur une superficie de 102 ha. La vente de la concession par les héritiers Sharpe intervient le 15 juin 1885 en faveur de la société Jacob Holtzer et Cie (3). Un décret présidentiel du 10 octobre 1938 autorise ensuite la mutation de propriété en faveur de la Cie des Hauts Fourneaux de Chasse. La société des mines de Pechelbrom absorbant la société des Hauts Fourneaux de Chasse avec effet au 31 décembre 1977, la radiation de l’ancienne société de Chasse intervient au registre du commerce le 15 mars 1979. Cependant, la société de Pechelbrom n’ayant pas déposé de demande de mutation, la mine d’Escaro-Sud retourne alors dans le domaine public (4).

 E. PRACA

NOTES

1 - Archives départementales des Pyrénées-Orientales, 8S88, Escaro-Nord, dossier de concession.

2 - Archives de la DRIRE, Perpignan, consultées en 1995.

3 - Archives départementales des Pyrénées-Orientales, 8S96, Escaro-Sud, dossier de concession.

4 - Archives de la DRIRE, Perpignan, consultées en 1995.

EN LIEN

Cet article a permis de compléter la notice "Escaro" sur Wikipedia : https://fr.wikipedia.org/wiki/Escaro