Les MALET - Professeurs de fortification et d’art militaire

 


Département de Marengo sous l'Empire

 

De l’Empire à la fin du 19e siècle, les Malet forment trois générations de professeurs de fortification et d’art militaire qui semblent méconnues. Originaires du Nord de la France, ils se distinguent par des alliances importantes et une action susceptible de réflexion. L’objet de cet article est d’établir succinctement leur filiation, afin de définir dans un second temps les contours et le champ de cette action, et de mesurer la profondeur et l’importance de leur empreinte.

1ère génération - Pierre François MALET (v. 1765-ap. 1839)

La première génération recensée est constituée par Pierre François Malet, né vers 1765 à Saint-Omer. En 1785, celui-ci y épouse Reine Bryant, originaire de Boulogne-sur-Mer, fille de Jean Joseph Bryant, chevalier de l’ordre royal et militaire de Saint Louis. Les débuts de sa carrière ne sont pas encore renseignés. Sous le premier Empire, Pierre Malet apparaît toutefois comme professeur de dessin et de géométrie descriptive à l’école d’artillerie d’Alexandrie, dans le département de Marengo, en Italie.

Ce département a été fondé en 1802 à la suite de l’annexion du Piémont consécutive à la bataille de Marengo, la ville d’Alexandrie demeurant française jusqu’en 1814. Dans l’intervalle, Emile Malet a toutefois quitté le nord de l’Italie pour la ville de Douai où il est attesté en 1808 puis enseigne à l’école militaire de La Fère (Aisne). Sa carrière achevée dans les années 1830, il fixe sa retraite à Saint Omer où il est mentionné en 1839 et où il décède probablement à une date restant à préciser.

2e génération - Augustin Fortuné Malet (1789-1870)

Du mariage entre Pierre Malet et Reine Bryant est issu un fils, Augustin Fortuné Malet, né en 1789 à Saint-Omer, décédé en 1870 à Paris et dont la carrière apparaît ascendante. Augustin Malet est nommé professeur de dessin à l’école académique de Douai, architecte de la ville de Douai et devient architecte en chef du département du Nord. Fixé en région parisienne dans les années 1840, il est attesté à Neuilly-sur-Seine en 1853 lors du décès de son épouse, Louise Guilmot, dont la parentèle retient l’attention.

Née en 1787 à Douai, mariée en 1809, Louise Guilmot est en effet la fille de Pierre Joseph Guilmot (v. 1754-ap.1815) directeur du service des lits militaires et administrateur des hospices civils de Douai, également bibliothécaire de la ville. Elle est la sœur puînée d’Augustine Guilmot (1781-1844) pour sa part épouse d’Armand Constantin Delval (1773-1836), dont la famille apparaît présente dans le négoce des fers. De ce mariage est connu un fils, Charles François Auguste Delval (1807-1870), devenu à son tour architecte, directeur des Travaux du Nord et du Pas de Calais.

Antoine Philippe Guilmot (1789-1868), frère cadet de Louise et d’Augustine, seconde son père comme directeur adjoint du service des lits militaires, receveur particulier des finances et administrateur des hospices de Douai. Par son mariage en 1810 avec Emilie Martin (1784-1871), il devient le beau-frère de Nicolas Martin du Nord (1790-1847), avocat à Douai, nommé ministre des Travaux publics en 1836, ministre du Commerce de 1836 à 1839, enfin ministre de la Justice de 1840 à 1847.

3e génération - Emile Malet (1815-1890)

Enfin, du mariage en 1808 entre Augustin Fortuné Malet et Louise Guilmot, est entre autres issu Emile Malet. Fils de l'architecte de la ville de Douai où il est né en 1815, Emile Malet est nommé en 1839 professeur de dessin à l'école d'artillerie de La Fère, en remplacement de son aïeul parti à la retraite à St Omer. Il est ensuite nommé professeur de dessin géométrique à l'école d'artillerie de Douai, puis à celles de Vincennes et de Versailles. Commandant d’artillerie, domicilié en dernier lieu à Fontenay-sous-Bois, il a été élevé au rang d’officier de la Légion d’honneur en 1860 et d’officier de l'instruction publique.

Fin 1840, Emile Malet a épousé Camille Demomerot (1819-1888), fille d’un médecin de La Fère. Celle-ci est la petite-fille du maréchal et baron d’Empire François Fabre (1757-1827), né à Monaco d’une famille de militaires, décédé dans l’Aisne à Soissons. A la Révolution, François Fabre s’est distingué au château de Meudon, où il était alors chef de brigade d'artillerie, membre du « commissariat des Epreuves » c'est-à-dire du comité de salut public chargé « d’appliquer aux intérêts de l'Etat les découvertes de la science ». C’est au château de Meudon que naît en l’an II sa fille, Camille Clémentine Fabre, future mère de Camille Demomerot.

En 1890, le décès d’Emile Malet marque la fin de ces trois générations successives de professeurs de fortification et d’art militaire. Né en 1843 à Douai, officier d’ordonnance, Anatole Malet, fils d’Emile, quitte en effet la carrière militaire pour celle d’ingénieur civil. Il décède prématurément à Colon en 1886, lors des travaux de creusement du canal de Panama. Le cadre chronologique de ces trois générations étant dès lors fixé, reste à préciser le contenu de leur enseignement et leur empreinte au civil et au militaire. Cette articulation entre civil et militaire s'avère en effet un axe de recherche pertinent en matière d'architecture et d'aménagement, et concerne notamment dans ce cas particulier, une vaste partie septentrionale du territoire français.

E. PRACA

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POUR EN SAVOIR PLUS

Généalogie MALET par E. PRACA, en lien : http://gw.geneanet.org/perpraca3_w?lang=fr&pz=antoine&nz=barbier&ocz=1&p=pierre+francois&n=malet&type=fiche&i=1144