Paul GOTTEREAU - 1843-1924 - Architecte en Roumanie

 

 

Les recherches généalogiques permettent d’établir une brève biographie de Paul Gottereau, architecte né à Perpignan en 1843. Plus précisément, Paul Gottereau est le fils d'un filateur d’Aunay-sous-Crécy (Eure et Loir) devenu ingénieur à Gérone, après s'être marié à Paris en 1835. Tandis que son père travaille en Catalogne espagnole, Paul Gottereau naît ainsi à Perpignan le 29 mars 1843, du côté français de la frontière. Formé à Paris, il poursuit l’essentiel de sa carrière en Roumanie, son œuvre témoignant de l’influence française exercée dans ce pays.

Eléments de biographie

Paul Gottereau est issu d’une famille aisée, dont l’activité principale relève de l’industrie et des arts. Il est le fils d’Alfred Gottereau marié à Paris, tout d’abord dessinateur et lithographe à Rouen, filateur de coton dans l’Eure et Loir, puis ingénieur à Gérone (1843), Messine (1862), puis architecte à Bucarest (v. 1870). Son frère Georges, ingénieur des Arts et Manufactures, est administrateur de compagnies minières, implantées en Grèce (Cie des Mines du Laurium), en Espagne (Cie française des mines et usines d'Escombrera-Bleyberg) et en France (ciments Portland).

Par sa mère, née Marie Pauline Antonia Perrin, Paul Gottereau est le neveu d’Achille Perrin (1814-1885), entre autres, membre de l’Institut, administrateur général de la Comédie Française et conseiller municipal de Paris. Plus largement, les familles des Perrin et des Doux, également alliées aux Gottereau, se distinguent comme serviteurs zélés de l’Etat et exercent des fonctions dans le domaine des arts et de l’expansion économique.

Architecte en Roumanie

Dans ce contexte, la carrière de Paul Gottereau, formé à l’Ecole des Beaux-Arts de Paris, s’inscrit dans le cadre de la fondation du royaume de la Roumanie, et de l’affirmation de son nouveau pouvoir royal. En 1875, il participe tout d’abord au concours ouvert pour l’immeuble du Crédit foncier de Bucarest et obtient le premier prix. Il est ensuite désigné par le roi Charles 1er de Roumanie pour de nombreux travaux, tels la réfection et l’agrandissement du palais royal de Bucarest et la construction du Palais royal de Cotroceni, situé aux abords de la capitale et résidence du prince héritier.

En matière culturelle, il est également chargé du projet et de l’exécution de la grande bibliothèque tout d’abord dénommée « Fondation Universitaire Charles 1er », créée par un don royal à l’occasion des vingt-cinq ans de règne du souverain. Ces travaux lui valent successivement la croix de chevalier de l’Etoile de Roumanie, celle d’officier de la Couronne puis le grade de commandeur dans le même ordre, et témoignent de l’entente franco-roumaine aux sommets de l’Etat.

Patrimoine privé et symbolique

Paul Gottereau est par ailleurs auteur de nombreuses réalisations relevant du secteur privé : hôtels particuliers, maisons de rapport, établissements financiers, villas et châteaux, édifiés durant sa carrière et tendant « toujours à faire prévaloir le goût et l’art français en Roumanie ». A cette liste s’ajoute l’édifice destiné à la Caisse des dépôts et consignations et celui destiné à la Caisse d’Epargne, dépendant du ministère des Finances.

A la demande de la Légation de France, Paul Gottereau fournit enfin les plans du monument honorant la mémoire des soldats français morts à Dobrouja lors de la guerre de Crimée, élevé sous les auspices du ministère de la Guerre (1893). Il élabore également à titre gracieux les plans de l’école française fondée par la colonie française de Bucarest, dont il est alors nommé membre du comité. C’est en ces circonstances qu’il reçoit en 1898 les palmes académiques et est élevé au rang de chevalier de la Légion d'honneur.

Influence française

Architecte officiel du roi de Roumanie, Paul Gottereau décède début août 1924 dans sa propriété familiale de Marly le Roi (Yvelines) à l’âge de 81 ans. Dans son prolongement, l’influence française se poursuit au sein de ce pays, embrassant un vaste champ artistique comprenant à la fois le secteur de l’immobilier et son corollaire, celui du mobilier. En témoigne  la restauration d’un ensemble de mobilier originel ornant le Palais de la Culture à Iasi, en Roumanie, effectuée par l’atelier parisien d’Albert Goumain (1866-1956).

Pour mémoire, au début du XXe siècle, l’atelier d’ébénisterie des frères Goumain fut à l’origine de l’ameublement du château privé d’Aubiry, dans les Pyrénées-Orientales[1]. Une triangulation subtile entre pouvoir, prestige et attractivité, relie ainsi les trois centres de production et de rayonnement que sont la Catalogne française et espagnole, Paris et la Roumanie, dont le royaume naît officiellement en 1881.

E. PRACA  


 

NOTES

[1] Propriété des Bardou-Job, industriels du papier à cigarettes de marque JOB.

POUR EN SAVOIR PLUS

PRACA Edwige, généalogie en lien : http://gw.geneanet.org/perpraca3_w?lang=fr&pz=antoine&nz=barbier&ocz=1&p=alfred+jules+paul&n=gottereau&type=fiche

MATACHE Florentina, article en anglais, liste des réalisations et iconographie en lien :http://www.e-architecture.ro/architecture/fisa.php?id=589&lang=EN