DESTRUCTIONS à PORT-VENDRES – 1944

 

Après avoir rappelé les dégâts occasionnés en 1944 aux domaines viticoles de la Cie des Salins du Midi, Pierre Florac évoque dans un même article les destructions infligées aux installations portuaires en Languedoc-Roussillon. Les ports de Sète dans l'Hérault et de Port-Vendres dans les Pyrénées-Orientales sont notamment l'objet d'une forte dévastation lors de la retraite allemande.

 

DOCUMENT

QUELQUES DEVASTATIONS MERIDIONALES

Extrait d’article – 1945

 

« (…) L'armée allemande n'avait pas seulement miné nos rivages, le long de nos plages elle avait dressé des murailles de béton pour arrêter l'élan des tanks. Parfois elle dissimulait ces digues de ciment à l'intérieur même des villas alignées en bordure de la mer. Si nous devons démolir aujourd'hui ces fortifications improvisées, la Wehrmacht, avant sa retraite, a tenu à détruire systématiquement toutes nos installations portuaires.

Le Languedoc et le bassin de la Garonne disposaient de trois ports principaux, deux sur la Méditerranée : Sète et Port-Vendres, tandis que Bordeaux avait développé jusqu'à l'Océan quais et appontements dotés du matériel le plus moderne. L'Allemagne a voulu rendre inutilisable pour une longue période toutes ces possibilités de restauration de notre commerce maritime.

À Port-Vendres un minage très étudié avait été préparé de longue date. Quoique l'effectif des troupes d'occupation fût en août 1944 de faible importance, l'armée secrète française avait négligé de protéger cette liaison avec l'Afrique du Nord. Le commandant allemand a considéré que son honneur de soldat lui imposait l'observation stricte de ses consignes, et en quelques heures les quais, d'une longueur de 935 m, furent totalement détruits tandis que s'effondraient la gare maritime et les hangars de la Chambre de Commerce.

Bien entendu une douzaine de bateaux avait été coulés préventivement dans la passe et dans le port.

Cette besogne accomplie les officiers allemands purent s'éloigner sans être aucunement inquiétés en direction de Collioure.

La liaison ferroviaire si judicieusement conçue par M. Paul, directeur de la Compagnie des chemins de fer du Midi et l’élégante gare maritime utilisée par les paquebots en provenance d'Alger et d’Oran n'était plus qu'un souvenir.

Le port de Sète avait déjà subi des destructions considérables lors des bombardements du 25 juin 1944, elles furent complétées le 19 août au moment de la retraite allemande. Sur la base des prix de 1939, le montant des dégâts a été estimé à une centaine de millions.

Nous ne pouvons énumérer le détail des obstructions et des destructions, retenons seulement que les travaux de déblaiement commencèrent 48 heures après la Libération et qu'un premier bateau a pu être déchargé le 22 novembre 1944 » (…) ».

Pierre FLORAC

 

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BIBLIOGRAPHIE

Texte extrait de : FLORAC Pierre, "Quelques dévastations méridionales", Revue historique et littéraire du Languedoc, n° 7, Anniversaire de la Libération,  Albi, octobre 1945, p. 345-346.

QUINTILLA Simone, "19 août 1944 : destruction de Port-Vendres", Bulletin de l'Association Port-Vendres d'abord, n°8, décembre 1994.

POUR EN SAVOIR PLUS

Cliquer sur :

DEMINAGE à la CIE des SALINS du MIDI - 1944-1945

DESTRUCTIONS vers BORDEAUX - 1944