DEMINAGE à la Cie des SALINS du MIDI – 1944-1945

 

En 1945, la Revue du Languedoc consacre un numéro spécial à l’anniversaire de la Libération. Intitulé « Quelques dévastations méridionales », un article de Pierre Florac y rappelle notamment les conséquences économiques de l’occupation allemande, désastreuses pour « la principale richesse du Languedoc méditerranéen : le vignoble ». Abordant la question du déminage de la façade maritime, une partie de son article évoque ainsi l’action de l’importante Compagnie des Salins du Midi, et le déminage de son domaine viticole, situé dans l’Hérault.

 

DOCUMENT

QUELQUES DEVASTATIONS MERIDIONALES

Extrait d’article – 1945

 

« (…) Au moment où la France doit faire l'inventaire des richesses qu'elle a pu préserver, il convenait sans pessimisme excessif, mais dans un esprit réaliste de montrer la situation critique du vignoble languedocien, après cinq ans de guerre.

Ces dévastations peuvent et doivent être réparées. Elles le seront si nous savons arrêter, en temps voulu, les mesures qui s'imposent. Déjà de divers côtés de tenaces volontés ont pu vaincre des obstacles qui paraissaient insurmontables.

Parmi ces initiatives citons celles de la Compagnie des Salins du Midi. Les domaines de cette société sont situés dans la région de Sète et d’Agde, exactement en bordure de la mer, et par suite les Allemands y avaient multiplié la pose de mines, comme moyen de défense contre un débarquement possible.

Dans la région de Sète 468 ha, appartenant à la Compagnie des Salins du Midi, avait été soigneusement minés. Il comprenaient : 186 hectares de vignes, 26 hectares de cultures diverses, le reste en marais incultes ou chemins. Sur cette surface il a été enlevé 23.500 mines de diverses natures.

Dans la région d’Agde, deux cents hectares seulement avaient été minés, comprenant 40 hectares de vignes, 10 hectares de champs divers, le reste en marais, pacages et chemins. Là la densité des mines était moindre que dans les domaines de Sète, un peu plus de 5.000 mines ont été trouvées.

Le déminage de tous ces terrains a nécessité le travail de plusieurs équipes composées de prisonniers allemands volontaires, sous la conduite d'artificiers français et la surveillance du Génie rural départemental.

Grâce à l'activité déployée le déminage a pu commencer au lendemain de la libération et être terminé en temps utile pour permettre d'effectuer dans les vignes les travaux d’hiver.

Nous avons tenu à citer cet exemple pour prouver expérimentalement que la volonté disciplinée parvient à surmonter les plus sérieuses difficultés. Ce n'est pas en les dissimulant que nous parviendrons à les vaincre ».

_______________________________

 

BIBLIOGRAPHIE

FLORAC Pierre, "Quelques dévastations méridionales", Revue historique et littéraire du Languedoc, n° 7, Anniversaire de la Libération,  Albi, octobre 1945, p. 345.

POUR EN SAVOIR PLUS

DESTRUCTIONS à PORT-VENDRES - 1944

DESTRUCTIONS vers BORDEAUX - 1944