Moulins à céréales des Pyrénées-Orientales en 1852

 

Au début du Second Empire, une statistique départementale indique que les Pyrénées-Orientales comptent 343 moulins à céréales ou « à farines », répartis dans les arrondissements de Perpignan, de Céret et de Prades. Cette statistique datée de 1852 porte sur le nombre et la répartition géographique de ces moulins, sur les techniques employées ainsi que sur le personnel.

Nombre et répartition des moulins à céréales

Les 343 moulins à céréales alors recensés dans les Pyrénées-Orientales sont répartis sur 157 communes : 82 d’entre eux sont situés dans 51 communes de l’arrondissement de Perpignan ; 101 sont concentrés dans 29 communes  de l’arrondissement de Céret et 160 figurent dans 77 communes de l’arrondissement de Prades.

La moyenne est donc de 1,60 moulins à farines dans l’arrondissement de Perpignan, 2,07 dans l’arrondissement de Prades et 3,48 dans l’arrondissement de Céret. En résumé, en 1852, le Roussillon compte un peu moins de deux moulins à farines par commune, le Conflent plus de deux moulins par commune et le Vallespir plus de trois moulins par commune.

De fait, il s’agit plus précisément de « moulins à farines » que de « moulins à farine », les céréales apportées étant de nature diverse. Par ailleurs, la statistique ne mentionne pas les moulins pouvant alors exister sur la plaine d’altitude de Cerdagne.

Techniques et personnel des moulins à farines

Sur l’ensemble des 343 établissements répertoriés dans les Pyrénées-Orientales, 342 sont des moulins à eau ; aucun de ces moulins n’est en effet mû par la vapeur, ni aucun n’est à manège, mû par des chevaux, mulets ou bœufs. Il n’existe alors qu’un seul moulin à vent, situé dans l’arrondissement de Perpignan.

En 1852, le personnel ouvrier des moulins fariniers s’élève enfin à 728 ouvriers dont 591 hommes et 137 femmes. La main d’œuvre y est donc majoritairement masculine et le personnel est composé de journaliers. Aucun enfant n’est par ailleurs répertorié dans la meunerie locale, selon cette statistique des débuts de l’époque impériale.

Nouvelle statistique en 1857

A la fin de cette période dans les Pyrénées-Orientales, l'historien Jean de Gazanyola constate plus largement que les eaux des rivières "donnent le mouvement à presque toutes les usines du département, qui consistent en 319 moulins à farine, 52 moulins à huile (dont 2 presses hydrauliques), 7 scieries, 3 papeteries, 31 moulins à foulon, 18 forges, 17 martinets, 1 laminoir." Le nombre des moulins fariniers apparaît donc en décroissance, et cette tendance tend à s'amplifier au cours des décennies suivantes.

E. PRACA

 

Sources

ADPO, 6Mp50, statistiques agricoles : état statistique des moulins à céréales dressé le 27-1-1852 par le directeur des contributions directes des Pyrénées-Orientales.

Bibliographie

GAZANYOLA Jean (de), Histoire du Roussillon, 1857, p.444-445.