"Lances et pondera servant" - Contrôle des poids et balances à Paris - 1772

 

Au sein d’un ensemble documentaire de 1772, concernant le contrôle des poids et balances à Perpignan, figure un aide-mémoire résumant les pratiques de contrôle des poids et balances ayant cours à Paris. Ces pratiques peuvent être résumées comme suit : il existe alors à Paris un poids original appelé Poids de Charlemagne, sur le modèle duquel est établi un second poids étalon, tous deux conservés à l’Hôtel des monnaies de la capitale.

Un troisième étalon est pour sa part conservé au Châtelet. A partir de ces mesures a été effectué l’établissement d’étalons municipaux  pour les mesures des grains, sel, vin, huile etc., déposés pour leur part à l’hôtel de ville de Paris. De là découle également la fabrication des balances commerciales par les maîtres balanciers de la capitale.

A intervalles réguliers, les apothicaires et épiciers parisiens ont l’obligation de comparer les étalons municipaux dont ils ont la garde avec le second poids étalon, copie de l’original dit de Charlemagne. Ils ont également le privilège de l’inspection des balances des marchands et artisans de Paris, afin d’en contrôler la justesse ; de là provient leur devise : Lances et pondera servant.

C’est sur ce modèle parisien qu’en 1772 est institué un règlement municipal  de contrôle des poids et balances à Perpignan. Dans ce dossier de règlement, figure le texte reproduit ci-dessous, résumant les pratiques parisiennes.

 Edwige PRACA

 

DOCUMENT 

Contrôle des poids et balances à Paris - 1772

 

"À Paris les maîtres balanciers font les instrumens pour peser toutes sortes de marchandises.

La marque des balances est dans les bassins, des romaines au fléau, des poids au-dessous.

Les apothicaires et épiciers de Paris ont la garde de l'étalon des poids de la ville, et ont le droit d'aller trois fois l'an assistés d'un juré balancier visiter les poids et balances des marchands et artisans de Paris. Cest de là qu'ils ont pour devise : Lances et pondera servant.

Les épiciers sont obligés de faire vérifier de six en six ans les poids qu'ils ont en dépôt avec l'étalon ou poids original de France appelée poids de Charlemagne, déposé à la Cour des monoies de Paris dans un coffre fermant à trois clefs.

Outre le poids Etalon original, il y en a un autre étaloné sur le premier qu'on appelle Second poids original ; c'est par ce dernier que doivent être vérifiés les poids dont se servent les épiciers lorsqu'ils font leurs visites chez ceux qui vendent au poids. Cette vérification se fait en présence de deux conseillers de la Cour, et c’est par ce même poids que doivent être étalonés ceux qui sont fabriqués chez les maîtres balanciers, en présence d'un Conseiller qui pour preuve de leur justesse les fait marquer d'une fleur de lys.

Il y a aussi au Châtelet un poids étaloné, ainsi que l'étalon du pied et de sa toise.

Les étalons pour les mesures des grains, sel, vin, huile etc. sont déposés dans lhôtel de ville a Paris.

L’étaloneur est un officier comis pour garder et étalonner les poids et mesures.

Il y a dans touts les hôtels des monoies du Royaume des poids étalonés sur ceux de la Cour des monoies de Paris".

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SOURCES

Archives privées, texte anonyme, [1772].

POUR EN SAVOIR PLUS

Poids du Roussillon et équivalences - 1772, site Edwige-Praca.fr, rubrique Economie

Règlement des poids étalons de la ville de Perpignan, 1772, site Edwige-Praca.fr, rubrique Economie.