Les ROCHETTE - Une SAGA FAMILIALE

 

 

Au cœur de la France, la commune de Néris-les-Bains peut se prévaloir d’être le berceau d’une famille d’entrepreneurs particulièrement actifs. De Néris-les-Bains à Paris en passant par la Savoie, les Rochette se sont en effet hissés au rang des familles pionnières, ayant marqué de leur empreinte l’histoire économique de la France. Le fil directeur de cette histoire se révèle au cours des générations, décrivant une boucle aux retombées finalement surprenantes ou non, selon l’éclairage et la grille de lecture qui en est faite.

François Rochette (1771-1853)

Aux origines de la lignée figure François Rochette, ancien brigadier de gendarmerie devenu limonadier à Clermont-Ferrand. Très prisé au XVIIIe siècle, ce métier de bouche contribue probablement à la formation du fils aîné, Jacques Rochette (1806-1863), exerçant initialement le métier de cuisinier au sein de son environnement familial. A l’âge de 28 ans, celui-ci bénéficie ensuite d’une opportunité de promotion marquante, en épousant une demoiselle Forichon, propriétaire tenant hôtel de bains à Néris-les-Bains et fille d’aubergistes à Montluçon.

Jacques Rochette (1806-1863)


 

Cette alliance constitue le véritable levier de la promotion sociale des Rochette. Exerçant à Néris-les-Bains les fonctions de propriétaires, médecin ou instituteur, les Forichon occupent en effet une place essentielle dans la vie communale. Aussi, devenu prématurément veuf, Jacques Rochette épouse-t-il en 1838 la sœur cadette de sa première épouse, contribuant dès lors à l’implantation définitive de la lignée Rochette au sein de la station thermale, où il est désormais identifié comme propriétaire et maître d’hôtel.

Robert Rochette (1842-ap.1901)

A la troisième génération, la famille Rochette est représentée par deux fils, Auguste et Robert, respectivement nés à Néris en 1838 et 1842. Le Second Empire bénéficie alors à l’essor de la station thermale. Durant cette période et jusqu’à son décès, l’aîné, Auguste, y demeure rentier, tandis que le cadet Robert succède à son père dans les fonctions de maître d’hôtel. De son mariage contracté en 1865 à Clermont-Ferrand naissent à leur tour deux fils, Louis et Auguste, respectivement nés à Néris-les-Bains en 1866 et 1873

Louis Rochette (1866-1933)


 

Soutenus par l'essor économique, Louis et Auguste Rochette bénéficient pour leur part d’une solide éducation dispensée à Paris. Louis est ainsi identifié comme médecin dans la capitale, lors de son mariage en 1895 avec une demoiselle Tancrède, issue cette fois d’une famille d’industriels parisiens. Plus précisément et depuis longtemps, les Tancrède occupent un secteur d’activité très particulier de la capitale. Originellement installés à La Villette, ils se sont en effet spécialisés dans la fabrication de noir animal et de colle d’os, avant d’intervenir dans d’autres secteurs de l’industrie chimique.

Auguste Rochette (1873-1930)


 

Frère de Louis, Auguste Rochette a pour sa part poursuivi des études de juriste et devient avocat et docteur en droit à Paris. A compter de 1897, les deux frères se fixent également comme industriels en Savoie, où ils sont fondateurs de la société Rochette. En 1902, Auguste Rochette y épouse en effet une demoiselle Grange, dont la famille se spécialise dans la fabrication de produits électro-métallurgiques. Succédant aux Grange, la société Rochette devient ensuite l’importante Société Electro-Métallurgique de Montricher, contribuant ainsi à la notoriété des frères Rochette comme pionniers de cette forme d’industrie. En définitive, ce parcours familial offre un curieux mais explicite résumé des préoccupations du 19e siècle. Trois étapes sont en effet identifiées : l’intérêt pour l’ancienne industrie thermale, les diverses formes de préoccupations hygiénistes, les nouvelles ressources offertes par l’industrie hydraulique.

Jules Rochette (°1903)


Enfin, il convient de clore ce rapide panorama par la question de l’alimentation, dont on sait qu’elle fut inséparable de celle de l’industrie thermale. A ce titre, le mariage de Jules Rochette, fils aîné d’Auguste, apparaît à la fois exemplaire et synthétique de ce passé historique et familial. Par son union en 1928 avec une demoiselle Corbière, celui-ci devient en effet le gendre de Suzanne Potin, petite-fille de Félix Potin, à la fois magnat de l’alimentation industrielle et de l’épicerie fine dans la capitale et bien au-delà. Les sœurs Rochette épousent pour leur part des ingénieurs des Arts et Manufactures, confirmant en définitive le caractère polyvalent des industries Rochette. Ainsi se déploie avec ampleur une saga familiale, dépassant par ses thématiques et son cadre spatio-temporel, la brève généalogie initialement prévue.

E. PRACA

 

POUR EN SAVOIR PLUS

Patronymes par ordre de citation - Généalogie E. PRACA en lien

François ROCHETTE (1771-1853), limonadier à Clermont-Ferrand : https://gw.geneanet.org/perpraca_w?lang=fr&pz=bernard&nz=combemale&ocz=0&p=francois&n=rochette&type=fiche

Jacques ROCHETTE (1806-1863), maître d'hôtel à Néris-les-Bains, Allier : https://gw.geneanet.org/perpraca_w?lang=fr&pz=bernard&nz=combemale&ocz=0&p=jacques&n=rochette&type=fiche

Robert ROCHETTE (1842-ap.1901), fils de maître d'hôtel à Néris-les-Bains : https://gw.geneanet.org/perpraca_w?lang=fr&pz=bernard&nz=combemale&ocz=0&p=robert&n=rochette&type=fiche

Louis ROCHETTE (1866-1933), industriel en Savoie, décoré LH, associé à son frère : https://gw.geneanet.org/perpraca_w?lang=fr&pz=bernard&nz=combemale&ocz=0&p=louis&n=rochette&type=fiche

Auguste ROCHETTE (1873-1930), industriel en Savoie, décoré LH, associé à son frère : https://gw.geneanet.org/perpraca_w?lang=fr&pz=bernard&nz=combemale&ocz=0&p=auguste&n=rochette&type=fiche

Jules ROCHETTE (°1903) : administrateur de sociétés, allié à la descendance de Félix Potin : https://gw.geneanet.org/perpraca_w?lang=fr&pz=bernard&nz=combemale&ocz=0&p=jules+robert+charles&n=rochette&type=fiche