Les DASSONVILLEZ - Créanciers de BALZAC, imprimeur

 

Balzac vers 1825

En 1825, dans sa tentative de jeunesse de créer une imprimerie, Honoré de Balzac (1799-1850) a pour créancier le dénommé Henry Dassonvillez (1788-1837). Mais que sait-on de la famille Dassonvillez ? La généalogie révèle sur quelques générations, les liens de cette famille avec des imprimeurs-libraires parisiens, ainsi qu’avec des papetiers. Leur patrimoine immobilier s'avère également conséquent, ainsi qu'en témoignent les mentions d'état-civil. Une recherche qu’il conviendrait d’approfondir, en prenant appui sur les jalons chronologiques qui sont désormais posés.

1 - Origines de la famille 

Louis Vincent Daniel Dassonvillez (1753-1829)

Né à Péronne en Picardie, Louis Vincent Dassonvillez est conseiller du roi, commissaire au Châtelet, domicilié Chaussée d'Antin puis rue du Temple à Paris jusqu'à la suppression de la prison du Châtelet en 1792. Acquéreur en 1791 de la ferme de l’abbaye puis de l’ensemble de l'ancienne abbaye de Louyé [L'Ouyë], commune des Granges le Roi (Essonne), il décède dans cette commune en 1829. Dans l'intervalle, il a été avoué au tribunal de première instance du département de la Seine. Son entourage participe à la diffusion culturelle dans la capitale : il est ainsi l’oncle par alliance du libraire parisien Aimé Adrien Allais (1776-1827), décédé célibataire, et le beau-père de l'imprimeur-libraire parisien Jean Gratiot (1767-1841).

 

Grand Châtelet - Paris - 1800

La biographie de Louis Vincent Dassonvillez se limite à ce jour à quelques mentions. Entre 1787 et 1789, alors procureur au Châtelet, il est membre à Paris de la loge maçonnique "La réunion des amis intimes". En 1819, il est cité lors de l’édition de l'ouvrage de Benjamin Constant intitulé « Cours de politique constitutionnelle ». De fait, une lettre de Pierre Plancher à Benjamin Constant, datée du 20 janvier, indique : « J'ai livré aujourd'hui dans les magasins de M. Béchet aîné [libraire], en présence de M. Allais, libraire, et parent de M. Dassonvillez, cinq cents exemplaires du Cours de politique constitutionnelle, dont je suis éditeur-propriétaire...J'ai payé les frais, qui se montent à deux cent cinquante francs, que j'ai versés en écus dans les mains de M. Dassonvillez ».

Dans la sphère privée, Louis Vincent Dassonvillez est allié par mariage à Marguerite Sophie Allais (1766-1813), fille du maître de la poste de Mondésir, originaire de Guillerval (Essonne). Celle-ci décède à 46 ans à L'Ouyé, commune des Granges, à la survivance de son époux, alors avoué au tribunal de la Seine. Les témoins au décès sont Jean Henry Dassonvillez, 24 ans, étudiant à Paris, fils de la défunte, et Jean Gratiot, 45 ans, imprimeur à Paris, son gendre. Marguerite Allais est également la tante du libraire Aimé Adrien Allais précité.

2 - Descendance Dassonvillez 

Henry Dassonvillez (1788-1837)

Du mariage de Louis Dassonvillez avec Marguerite Sophie Allais sont issus plusieurs enfants. Jean Louis Henry Dassonvillez ou d'Assonvillez de Rougemont (1788-1837) est propriétaire, demeurant au château de Montglas à Cerneux, dans l’arrondissement de Provins, en Seine et Marne. En 1808, il devient le beau-frère de l'imprimeur parisien Jean Gratiot. En 1825, c’est Henry Dassonvillez qui accorde un prêt d'environ 10.000 F. à Balzac, qui débute également une carrière d'imprimeur. Ce prêt est destiné à l'édition en un seul volume des oeuvres complètes de Molière, paru l’année suivante. Cette période correspond alors aux débuts d’Honoré de Balzac comme imprimeur et s’accompagne de difficultés de remboursement.

Château de Montglas - Seine et Marne

En avril 1821 à Paris, Henry Dassonvillez a épousé  Marie Françoise Adélaïde Chanu, fille de Jacques Chanu et de Jeanne Françoise Rose de Ribeaucourt de Rogement, dont la biographie reste à établir. Il décède le 18 août 1837 à Chailly-en-Brie, en Seine et Marne, à l’âge de 48 ans, à la survivance de son épouse, âgée de 33 ans. Le décès survient au château de la Bretonnière, propriété de Léopold Guéau, comte de Réverseaux de Rouvray, ancien capitaine de vaisseaux de la marine royale, chevalier St Louis et de la Légion d’honneur, âgé de 49 ans, autre beau-frère du défunt, du côté des Chanu.

Lise Dassonvillez (1794-1872)

Sœur du précédent, Lise Dassonvillez naît à Paris en 1794. Elle épouse pour sa part Louis Antoine Bruno Dargère (1788-1860) qui fut propriétaire et maire de St Léger en Yvelines. Décédée le 5 septembre 1872 à l’âge de 78 ans, elle est alors veuve, rentière, domiciliée 48 rue Pergolèse, à Paris, dans le 16e arrondissement. Le témoin à l’acte de décès est Ovide Vénard, avocat âgé de 41 ans, domicilié 16 rue St Florentin, cousin de la défunte.

Marie Sophie Dassonvillez (?-1848)

Autre sœur des précédents, Marie Sophie Dassonvillez épouse pour sa part le libraire-imprimeur Jean Gratiot (1767-1841), le 24 août 1808 à Paris. D'origine gasconne, fils de Jean Pierre Gratiot et de Marie Guillem, celui-ci est répertorié comme imprimeur-libraire à Paris dès le milieu des années 1790. Son importance tient à sa proximité avec les milieux gouvernementaux, le pouvoir napoléonien et les ministères (cf. les postes). Fait chevalier de l'ordre de l'Eperon d'or par le Vatican, Jean Gratiot est domicilié à compter de 1824, 18 rue du Foin St Jacques, Maison de la Reine Blanche, à Paris. Cessant son activité en 1838, il décède à Paris trois ans plus tard, à la survivance de son épouse, décédée le 2 mai 1848. Un recollement de ses travaux d'imprimeur est consultable sur Internet.

Maison de la Reine Blanche - Paris

3 - Descendance de Jean Gratiot 

Marie Sophie Gratiot (1809-1883)

A la troisième génération, du mariage entre Sophie Dassonvillez et Jean Gratiot sont à leur tour issus trois enfants. Fille de l’imprimeur Jean Gratiot, Marie Sophie Gratiot naît le 21 juillet 1809 à Paris. Elle épouse Jean Pierre Ventenat (1798-1861), notaire et maire de Charenton le Pont puis des Granges le Roi (Essonne) où est située l’ancienne abbaye de Louyé, propriété familiale devenue « château ». Demeurée veuve, Sophie Dassonvillez épouse Ventenat décède en son château le 14 août 1883, à l’âge de 74 ans.

Chateau de Louyé - Essonne

Louis Marie Amédée Gratiot (1812-1880)

Fils de l’imprimeur Jean Gratiot, Louis Marie Amédée Gratiot naît le 5 juin 1812 à Paris. En octobre 1840, il devient directeur-gérant de la Papeterie d'Essonne, dont l’importance apparaît croissante sous sa direction. Expositions et publications, vulgarisation des connaissances concernant cette usine attestent de sa célébrité. Le 27 octobre de la même année, Amédée Gratiot épouse à Paris Pierrette Palmyre Blin (1820-1870), fille d’officier, d’où descendance. Il est fait chevalier de la Légion d’Honneur en 1850, année du décès d'Honoré de Balzac.

Papeterie de l'Essonne

Décrit comme papetier et « marchand de papiers en gros », il décède pour sa part veuf à Paris le 26 novembre 1880, à l’âge de 68 ans. Les témoins à l’acte de décès sont Paul Louis Challiot, ingénieur, 39 ans, 28 rue d'Aubervilliers, son gendre et Gustave Gratiot, mécanicien, 34 ans, son neveu, 118 bd Magenta à Paris.

Jean Gustave Gratiot (1816-1876)

Autre fils de l’imprimeur Jean Gratiot, Gustave Gratiot naît à Paris le 21 mars 1816. Frère du directeur de la Papeterie d'Essonne, imprimeur lui-même, il est domicilié rue de l'Université à Paris. Il épouse Françoise Gabrielle Eléonore Amet, à Paris le 16 janvier 1858. On connaît de cette union un fils, Gustave, né en 1846, légitimé par le mariage de ses parents, devenu constructeur-mécanicien puis expert-comptable à Asnières. Jean Gustave Gratiot décède le 12 février 1876 à Paris, à l’âge de 59 ans. Les témoins à l’acte de décès sont Gustave Gratiot, son fils, 29 ans, domicilié même adresse et Paul Louis Chaillot, 34 ans, ingénieur domicilié 29 rue d'Aubervilliers, son neveu.

4 - Descendance d'Amédée Gratiot

Georges Léopold Gratiot (1841-1888)

La quatrième génération répertoriée est celle issue du mariage entre Amégée Gratiot, directeur de la Papeterie d'Essonne, et Palmyre Blin. Fils du directeur de la papeterie, Georges Gratiot naît à Paris le 27 avril 1841. Ingénieur des Arts et Manufactures, il entre à la Papeterie d'Essonne en 1863, en remplacement de l'ingénieur Alfred Frédet (1829-1904), gendre d'Eugène Chevrant, directeur de fabrication à la même papeterie. Alfred Frédet part alors chez Firmin-Didot puis à Froges, aux papeteries Brignoud (Isère).

Georges Gratiot est pour sa part officier d'Académie, président de la Chambre syndicale des papetiers en gros. En mars 1867, il a épousé à Paris Gabrielle Marie Augustine de Vente de Francmesnil, née en 1847, dont le père est employé au ministère de la Guerre et devient par son épouse, propriétaire du château d'Arthies, dans le Val d'Oise. Il décède en juillet 1888 à Paris, à l'âge de 46 ans.


Château d'Arthies - Val d'Oise

Alice Jeanne Adèle Gratiot (1846-1868)

Fille du directeur gérant de la papeterie d'Essonne, Alice Gratiot naît à Paris le 15 mars 1846. Mariée le 19 mars 1867, elle décède un an plus tard, le 12 mars 1868, à l'âge de 21 ans. Elle a épousé Paul Louis Challiot (1841-ap.1901), ingénieur civil parisien, qui devient ainsi gendre du directeur de la papeterie d'Essonne.

 E. PRACA

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POUR EN SAVOIR PLUS

Cf Généalogies par E. PRACA, lien et sources sur Geneanet : https://gw.geneanet.org/perpraca_w?lang=fr&pz=bernard&nz=combemale&ocz=0&p=louis+vincent+daniel&n=dassonvillez&type=fiche