Jardins et salade catalane en Roussillon - 1787

 

Au XVIIIe siècle, nombre de voyageurs, parmi lesquels figurent des militaires, arpentent l'espace roussillonnais. Leurs relations de voyage dressent le tableau de cet espace, considéré d'un oeil neuf, et en soulignent les spécificités géographiques ou ethnographiques. Ces descriptions sont toutefois imprégnées de la culture de leur temps : dans le texte ci-dessous, jardins et salade catalane, dont la composition est donnée, constituent un support au marivaudage propre au siècle des Lumières. Réciproquement, la galanterie devient prétexte aux soupers champêtres, pris dans l'indispensable fraîcheur des jardins roussillonnais.

E. Praca

 

DOCUMENT

Texte de 1787

 

« L'air de ce pays-ci est plus chaud que tempéré ; climat : il s'est passé, à ce qu'on dit, quatorze années de suite sans qu'il y gelât ; les chaleurs y sont quelquefois excessives , même brûlantes ; ce n'est point étonnant, le Roussillon est au midi et est entouré de montagnes vers le nord, l'ouest et le sud, qui lui réverbèrent les rayons du soleil ; les habitans de cette province pour se rafraîchir et prendre l'air, vont le soir dans des jardins ; l'amour y préside quelquefois, et l'on y sert souvent une salade d'une composition catalanne ; l'un apporte des laitues, chicorées, céleri ; l'autre des anchois ; un troisième, s'il est admis, ce qui est rare, donne son contingent en œufs, gros et petits oignons, et des raves coupées par morceaux ; enfin on mêle le tout ensemble, et ce composé peut servir de souper aux assistans ».

 

Bibliographie

Essai historique et militaire sur la province du Roussillon, publié à Londres en 1787.