Réseaux de pouvoirs transfrontaliers aux XIXe et XXe s. - Le cas des Pyrénées-Orientales

Dans le cadre du 125e anniversaire de la Chambre de Commerce et d’Industrie Française de Barcelone, célébré en 2008-2009, l’objet de cet article est d’exposer la manière dont s’est constitué par le jeu des alliances, un réseau d’intérêts familiaux, passant dans les Pyrénées-Orientales par le secteur bancaire. Ce réseau conduit à travers deux siècles les descendants de certaines familles locales aux commandes des pouvoirs économiques dans ce département mais aussi à Barcelone et bien au-delà, jusqu’en Amérique ou en Afrique.

Pour une bonne compréhension du sujet, il convient de préciser que trois communes des Pyrénées-Orientales constituent au XIXe siècle la plaque tournante du commerce vers l’Espagne : le port de Port-Vendres en bordure de Méditerranée, fondé au siècle précédent, la ville de Perpignan, chef-lieu et capitale historique, située dans la plaine roussillonnaise, la ville de Prades établie en moyenne montagne, sur la voie pyrénéenne menant en Catalogne par la plaine d’altitude de Cerdagne. Ces trois communes sont à l’origine d’une concentration de capitaux issus du commerce transfrontalier, commerce en particulier basé sur les échanges textiles, alimentaires, viticoles et de minerai de fer.

Quelles sont les entreprises les plus visibles sinon les plus importantes en matière de négoce et d’échanges bancaires ? L’une d’elles est la banque Lafabrègue, banque familiale établie à Prades au XIXe siècle. Les Lafabrègue s’allient ensuite aux Cros, grands industriels à Barcelone et aux Pams, négociants en vins à Port-Vendres et Perpignan. Ces lignées constituent dès lors les piliers les plus solides d’un pouvoir économique, dont la croissance s’étend au XXe siècle à un espace comprenant l’Aude et les Pyrénées-Orientales, l’Andorre et Barcelone, mais qui touche aussi aux continents américain et africain.

 

Des Lafabrègue aux Cros de Barcelone : la concentration des intérêts

Au lendemain de la Révolution française, l’industrie du fer constitue dans les Pyrénées-Orientales l’un des secteurs clés de l’activité économique. Sous le Second Empire, le promoteur en est en particulier Rémi Jacomy, fondateur de nombreuses sociétés minières et métallurgiques. Aussi sa descendance occupe-t-elle une place essentielle dans de nombreux pays à compter de la seconde moitié de ce siècle[1]. Fruit d’alliances diverses, une partie de cette descendance trouve ses racines à Bouleternère, village dont R. Jacomy était originaire. Ainsi en est-il des Lafabrègue qui, occupant sous l’Ancien Régime d’importantes fonctions dans les douanes royales sur la côte méditerranéenne, à Port-Vendres, se sont ensuite alliés aux Trie, de Bouleternère, près de Prades. De l’union de Gabriel Lafabrègue et Catherine Trie sont en particulier issus Alexandre Lafabrègue architecte, né en 1827 à La Cabanasse[2] et son frère Eugène, banquier, né vers 1838 à Thuir.

Le fil conducteur de cette analyse repose sur la transmission de la banque appartenant initialement à Eugène Lafabrègue et établie à Prades, dans les Pyrénées-Orientales. A son décès en 1890, la banque pradéenne est tout d’abord dirigée par sa veuve Cécile Porta, sous la raison sociale : banque « Vve E. Lafabrègue ». La postérité du couple Lafabrègue-Porta se compose de trois descendants : Alfred, né à Massiac vers 1867, Eugénie née à Barcelone vers 1869, et Delphine, née à Prades (Pyr.-Or.) en 1873[3].

Installé à Barcelone comme banquier, le descendant mâle, Alfred, y épouse en 1893, Marie des Anges Cros-Xuriguer, née à Barcelone vers 1874, fille d’Amédée Cros, natif de Sans et de Caroline Xuriguer, native de Barcelone[4]. Amédée Cros, dont la lignée, d’origine française, est installée à Barcelone depuis 1813, est lui-même descendant de François Cros, pionnier de l’industrie chimique en Catalogne. Il est le premier président de la Chambre de Commerce et d’Industrie Française à Barcelone, officiellement constituée en 1883 et le fondateur de l’une des plus importantes sociétés chimiques du pays : la Société Anonyme Cros, au capital initial de 7,5 millions de pesetas, créée en 1904 à Barcelone, à l’origine de multiples succursales[5].

 Charles de Romeu Viguier d'Andorre

Charles de Romeu - Viguier d'Andorre

Eugénie, sœur d’Alfred, épouse pour sa part Charles Romeu, avocat originaire de Prades où il est né en 1854, viguier de France en Andorre de 1887 à 1933, chevalier de la Légion d'honneur en 1902[6].La notoriété officielle de Charles (de) Romeu repose également sur l’influence française qu’il exerce en Andorre : un dictionnaire des contemporains indique que « depuis que M. Romeu est en fonctions, aucun des troubles d’autrefois ne s’est produit en Andorre ; ce pays est entré peu a peu dans la voie du progrès et de la civilisation ; un service postal, une ligne télégraphique et quatre écoles françaises y ont été établis ; des routes carrossables s’y construisent, enfin l’influence française s’y développe de plus en plus[7] ».

Cousine des précédents et fille de l’architecte et cadre des travaux publics Alexandre Lafabrègue, Marie Rosalie, née en 1857 dans le Haut-Rhin, épouse de son côté en 1886 Rémi Jacomy, né à Prades, alors sous-lieutenant d’infanterie en garnison à Montauban, fils du maître de forges Rémi Jacomy[8]. Cette alliance entre les Jacomy et les Lafabrègue s’explique par les racines villageoises communes (Bouleternère) mais aussi par les intérêts d’Alexandre Lafabrègue qui, dans ses fonctions de constructeur, exploite également à compter de 1878, le talc de la carrière d’Embolla, près de Corneilla de Conflent et de Prades. Ainsi s’élabore un réseau de proximité dont l’espace géographique, de caractère transfrontalier, intègre les Pyrénées-Orientales, l’Andorre et la région de Barcelone. Sur ce territoire, les stratégies d’alliance associent notamment les représentants du secteur bancaire transfrontalier au secteur en expansion de l’industrie chimique barcelonaise.

Au début du XXe siècle, Rémy Jacomy fils devient le garant des intérêts financiers des Lafabrègue en France et le vecteur de leur croissance. Après le décès en 1907 de Cécile Porta, chef de la banque « Vve E. Lafabrègue », les deux branches cousines des Lafabrègue décident en effet la poursuite de l’activité bancaire pradéenne. A compter du 1er janvier de l’année suivante est ainsi formée une société en commandite simple sous la nouvelle raison sociale « Lafabrègue, Jacomy et cie successeurs de Vve E. Lafabrègue ».

cachet banque Lafabrègue Jacomy et Cie

Cachet Banque Lalabrègue, Jacomy et Cie

De l’union du banquier Alfred Lafabrègue avec Maria de Los Angeles Cros, sont en effet issus trois enfants : Charles dont la date de naissance reste à préciser, Gabrielle et Anne Marie, respectivement nées en 1895[9] et 1898 à Prades. Orphelins de mère, encore mineurs en 1907, ceux-ci sont élevés à Barcelone par leur grand père maternel Amédée Cros, administrateur de sociétés[10]. Les commanditaires de la banque de Prades sont dès lors ces trois enfants mineurs représentés par Amédée Cros, industriel à Barcelone, et les commandités Delphine Lafabrègue, demeurée célibataire et domiciliée à Prades ainsi que Rémy Jacomy, époux de Marie Rosalie Lafabrègue, nommé gérant de la banque[11].

Etablie initialement pour dix ans, la société bancaire perdure jusqu’à un nouveau cap fixé à 1926. La gérance de Rémy Jacomy est arrêtée d'un commun accord par anticipation en 1923, celui-ci étant alors âgé de 63 ans, mais l’activité bancaire se prolonge finalement jusqu’à la seconde moitié du XXe siècle. Cette même année 1923, le réseau relationnel des Lafabrègue-Cros se renouvelle cette fois par la greffe d’une nouvelle lignée, celle des Pams, négociants de Perpignan.

Des Lafabrègue aux Pams : la concentration des pouvoirs

Pour mémoire, alliée aux Porta, la première génération des Lafabrègue comprenait le banquier Eugène Lafabrègue et son épouse Cécile Porta, de Prades. La seconde génération était en particulier composée d’Alfred Lafabrèque époux de Marie des Anges Cros, de Barcelone. A la troisième génération, Gabrielle Lafabrègue, née en 1895 à Prades, épouse à Montreux (Suisse) Alfred Rotge en 1919[12]. Sa sœur Anne Marie dite Anita, née en 1898 à Prades[13], épouse dans cette ville en 1923 Edmond Pams, négociant en vins.

Il convient dès lors de s’arrêter sur cette lignée des Pams, initialement d’origine port-vendraise. Edmond Alfred Pams, négociant en vins,se rattache en effet par une branche lointaine (XVIIIe siècle) à la lignée des Pams fixée à Port-Vendres au tournant de la Révolution française. Par la suite, cette lignée est en particulier représentée par le négociant Jules Pams, futur candidat à la présidence de la République française, époux en 1888 de Jeanne Bardou-Job et en secondes noces de Marguerite Pelet, veuve du maître de forges de la Loire et des Pyrénées-Orientales Marcel Holtzer (1919)[14].

Au début du XIXe siècle, la branche conduisant à Edmond Pams a d’abord produit deux générations de tonneliers, dont Pierre Antoine Joseph Pams, établi à Port-Vendres[15], et son fils Jean Joseph Dominique Pams (1834-1882), né à Port-Vendres et décédé à Perpignan[16]. Pierre Pams, né en 1863 à Port-Vendres, fils du précédent[17], tôt venu à Perpignan, se distingue ensuite par son activité dans le négoce des vins en gros.

Maison Pierre Pams - Vins à Perpignan

Magasins Pierre Pams - Perpignan

Vers 1891, il fonde ainsi une maison « qui ne tarde pas à prendre une certaine importance », et dont l’essor apparaît croissant. Au début de 1900, après le décès de François Vidal, il se rend en effet acquéreur du fonds de vins en gros que ce dernier avait créé en 1873. A la tête de ces deux maisons réunies, Pierre Pams, qui fait connaître sa firme, acquiert une notoriété dans les principaux centres de commerce vinicole de France et à l’étranger. Vers 1912-1913, celle-ci est classée comme l’une des premières maisons de commerce des vins du Midi de la France. Dans le cadre de ces activités, Pierre Pams remplit en outre pendant plusieurs années les fonctions de trésorier puis de vice-président de la Chambre syndicale des vins en gros des Pyrénées-Orientales[18].

Parallèlement, le négociant devient entrepreneur : investissant dans le secteur de l’industrie vinicole, il crée à Lézignan (Aude) une importante usine dont l’objet principal est l’extraction « par des procédés scientifiques », de l’alcool, des tartres et produits issus « des marcs de vendanges fraîches ». Cet établissement dont l’outillage est constamment perfectionné, lui permet de traiter en quelques mois, plusieurs milliers de tonnes de marc[19] et devient également l’un des plus importants du Midi. Dans ce cadre, est fondée en 1913 la société Distillerie Nouvelle de Lézignan (Aude), dont l'objet est le commerce et la transformation des produits et sous-produits de la vigne et tous commerces similaires. Deux cents parts de fondateur sont attribuées à Pierre Pams, lui donnant droit à 40% sur les bénéfices, au terme des prélèvements légaux[20]

Négociant en vins, Pierre Pams a pour descendant son fils Edmond, né en 1892 à Perpignan[21]. Domicilié à Paris, diplômé d’études supérieures de commerce, celui-ci est administrateur de sociétés dans l'Aude et les Pyrénées-Orientales. Négociant en import-export, directeur de la Distillerie de Lézignan (1911-1920), administrateur à Perpignan de la puissante société de Centralisation Commerciale Vinicole, il devient membre du comité international des vins et spiritueux à compter de 1920, vice président de la Confédération du Commerce des vins des régions viticoles à compter de 1930, membre la commission de cotation des vins, conseiller au commerce extérieur de la France[22]. Il épouse en 1923 Anne Marie Lafabrègue dite Anita, petite-fille de l’industriel en produits chimiques Amédée Cros. Celle-ci décède à Paris en 1954[23].

A Barcelone pour sa part, la transmission des pouvoirs se fait par la branche masculine des Lafabrègue. Charles Lafabrègue, beau-frère d’Edmond Pams et petit-fils de l’industriel Amédée Cros, devient à son tour président de la chambre de commerce française de Barcelone, puis président de 1959 à 1962 de l’Union des Chambres de Commerce et d’Industrie Françaises à l’Etranger (UCCIFE), fondée en 1907[24]. Le réseau reposant sur la trilogie industrie chimique, viticole et bancaire, demeure donc efficient jusqu’aux années 1960.

Les descendants dans la seconde moitié du XXe s. : une dimension internationale

Finalement, le réseau instauré depuis le Roussillon sur le fil de la frontière franco-espagnole confirme sa dimension internationale. De l'union de Rémy Jacomy avec Marie Rosalie Lafabrègue est né en 1888, Henry Jacomy, militaire sorti de Saint-Cyr en 1911. Sa carrière, entièrement menée dans les régiments des troupes françaises d'infanterie coloniale, s'achève à la fin de la Seconde Guerre Mondiale avec le grade de général. Henry Jacomy évoque alors ses souvenirs de voyage en publiant plusieurs romans qui lui valent divers prix littéraires. Ce général, petit-fils du maître de forges Rémy Jacomy, décède à Prades en 1975, à l'âge de 87 ans[25], à la survivance d’héritiers établis, entre autres espaces, aux Etats-Unis.

Du côté des Pams, de l’union d'Edmond Pams avec Anne-Marie Lafabrègue est né en 1924 à Perpignan, Pierre Pams, industriel domicilié à Barcelone. Pierre Pams a poursuivi ses études à l'école Bossuet, aux lycées Montaigne et Janson-de-Sailly puis à la faculté de droit de Paris. Il est diplômé de l'Ecole libre des sciences politiques et licencié en droit. Sa carrière procède d’une double trajectoire, liée à la fois à sa filiation paternelle en France et maternelle en Catalogne.

Par son ascendance paternelle, Pierre Pams est en effet d'abord secrétaire de direction (1947) puis administrateur-directeur général adjoint (1950) puis P.D.G. (1959-1965) de la société de Centralisation Commerciale Vinicole à Perpignan, au capital de 3 millions de francs. En 1949-1950, il est également directeur général adjoint de la société Morel et Lefort. Par son ascendance maternelle, il devient en 1964, P.D.G. de la General Alimenticia y Dietetica S.A., société associée à la Générale alimentaire. En 1967, il est nommé administrateur puis en 1973, membre du comité exécutif du conseil d'administration de la S.A. Cros-Barcelone. Vice-président (1963), président (1971) puis président d'honneur (1976) de la Chambre de commerce française de Barcelone, il devient également conseiller du commerce extérieur de la France en 1972[26].

Centralisation commerciale vinicole

En-tête Centralisation Commerciale Vinicole - Perpignan - vers 1950

A noter qu’en 1949, Pierre Pams a épousé à Neuilly-sur-Seine, Gilberte Suzanne Guichard, fille de Gratien Guichard, président et actionnaire majoritaire de la Banco Nacional de Mexico[27]. Originaire de Digne, celui-ci est l’un des derniers représentants des Barcelonnettes qui ont fait fortune au Mexique[28]. En le rattachant aux anciennes colonies de l’Amérique centrale, cette union donne ainsi une dimension supplémentaire au capitalisme régional. Restent enfin les Romeu d’Andorre. Charles Romeu qui avait occupé le poste de viguier d’Andorre de 1887 à 1933, est le grand oncle de François Rostain, ambassadeur au Togo et au Niger, avant d’être nommé viguier français d’Andorre de 1972 à 1977.

Plus d’un siècle d’intervalle atteste donc de la solidité des réseaux de pouvoirs tissés depuis le Roussillon vers les espaces proches, tel celui d’Andorre où s’organise un pouvoir partagé entre France et Espagne ; mais aussi solidité des liens à l’égard des anciennes colonies, dont certains exemples récurrents, le maréchal Joffre, originaire de Rivesaltes (Pyrénées-Orientales)[29] ou encore le gouverneur général de l’Afrique Equatoriale Française, Joseph François Reste (1879-1976), de l’Albère[30], et enfin le diplomate François Rostain sont désormais les représentants les plus visibles au sein de l’Etat français. En ce sens, le Roussillon et plus largement les Pyrénées-Orientales apparaissent comme le creuset d’un réseau de négociants mais aussi de négociateurs issus d’un territoire partagé par l’histoire entre deux états et qui, à des degrés divers, témoignent de l’art pluriséculaire de la négociation et de l’administration.

Par ailleurs, la faiblesse supposée des capitaux roussillonnais, pour autant qu’elle existerait, est alors compensée par l’activation de réseaux, dans une démarche volontariste de développement économique. Réseaux de proximité géographique, servant en certains cas de support à une activité commune : mines de fer ; réseaux élargis associant industrie et secteur bancaire transfrontalier, adaptation également aux courants économiques les plus porteurs, en l’occurrence en France la viticulture méridionale, sa chimie et son négoce. Aux XIXe et XXe siècles, le capitalisme roussillonnais forme ainsi un agrégat indissociable de son homologue catalan, et bénéficie en définitive d’une bonne représentation au sein des instances dirigeantes de l’économie barcelonaise, aussi bien que de l’Etat français.

Enfin, cet exemple ne constitue pas une exception. D’autres entités telles que la « Compagnie coloniale », entreprise encore existante du secteur alimentaire, dont les unités de fabrication se fixent historiquement à Paris et Madrid, et dont les relations commerciales s’étendent des Amériques à l’Orient, sont en effet issues du terreau roussillonnais[31]. Le cas des Pyrénées-Orientales semble donc se différencier de celui du bas Languedoc voisin, tel que présenté dans l’ouvrage « Du capitalisme familial au XXe siècle. Le testament économique de Prosper Capelle (1865-1945)[32] ». Cet ouvrage énonce que, malgré la multiplicité des affaires brassées et la richesse des potentialités locales, le capitalisme régional, faute de grandes industries, semblerait finalement peu générateur de dynamique entrepreneuriale[33]. En revanche, en étudiant le Roussillon et la Catalogne comme une seule entité économique, l’historien ouvre un champ d’étude aussi fécond qu’original, en matière non seulement d’histoire des échanges économiques mais aussi de pouvoirs aux XIXe et XXe siècles, en Méditerranée et bien au-delà.

 Edwige PRACA

Bibliographie

PRACA Edwige, « Réseaux de pouvoirs transfrontaliers aux XIXe et XXe siècles : le cas des Pyrénées-Orientales », SASL, 116e volume, Perpignan, 2009, p.74-80.


[1] Praca Edwige, Contribution à l’histoire de l’industrie métallurgique dans les Pyrénées-Orientales, 1803-1939, DEA Montpellier III, 1998 ; PRACA Edwige, SOUCHE Madeleine, « Industrie métallurgique et protestantisme : l’exemple des hauts-fourneaux de Ria (P.O.) 1859-1909 », Domitia n°5, Acteurs, tendances et contestations de l’économie contemporaine en Méditerranée Occidentale (XIXe-XXe siècles), CRHISM-EA 2984, Université de Perpignan, octobre 2004, p.73-107.

[2] ADPO, NMD, 2E4592, n°57 du 14-8-1898 : décès à Prades d’A. Lafabrègue, 70 ans, veuf de C. Roca.

[3] ADPO, NMD, 2E2933, n°34 : Delphine Lafabrègue née le 5-4-1873 à Prades.

[4] ADPO, NMD, 2E2939, n°16, transcription acte mariage à Prades du 2-12-1893.

[5] Història econòmica de la Catalunya contemporània, s.XX Industria, finances i turisme, t.6, 1989, Barcelona, chapitre par Nadal Jordi, « La consolidació pel biaix dels adobs. 1914-1939 », p.149-150 et 154-155 ; égal. Internet : Historique – Chambre de commerce et d’Industrie française de Barcelone ; Tortella Teresa, A guide to Sources of information on Foreign Investment in Spain 1780-1914, notice 428 « Sociedad Anónima Cros »,  Amsterdam, 2000, p.190.

[6] ADPO, NMD, 2E4592 n°39 du 26-6-1896. Elle est décédée à Prades le 26-6-1896 à l'âge de 27 ans.

[7] Beuve Eugène(ss dir.) Les hommes et les œuvres. Dictionnaire biographique des contemporains, Paris, Les Publications Encyclopédiques et Littéraires, sd, vers 1912-1913. Nogué Mireia, Le rôle du viguier Romeu dans les vallées andorranes de 1887 à 1897, Master 2 d’Etudes Catalanes, IFCT, Université de Perpignan, 2008.

[8] ADPO, NMD, 2E2937 n°9 du 26-5-1886 : mariage de Marie Rosalie Lafabrègue, née en 1857 dans le Haut-Rhin, épouse Rémi Jean Hippolyte Jacomy, né en 1860.

[9] ADPO, 2E2939, NMD n°36 du 24-5-1895, naissance à Prades.

[10] Praca Edwige, Contribution à l’histoire de l’industrie minière et métallurgique dans les Pyrénées-Orientales, 1803-1939, DEA Montpellier III, 1998, p.51.

[11] ADPO, 4U1128, dépôt au greffe de la Justice de paix de Prades le 28-12-1923 de l'acte de dissolution passé chez Me Bonaventure Barrère, notaire à Prades.

[12] ADPO, NMD, 2E2939, n°36 du 24-5-1895 : naissance de Gabrielle Cécile Caroline Marie Lafabrègue, à Prades. Elle épouse à Montreux (Suisse) le 22-3-1919 Rotge Alfred.

[13] ADPO, NMD, 2E4592, acte naissance n°49 du 31-8-1898 : naissance le 30 de Anne Marie Lafabrègue, fille de Lafabrègue Alfred, banquier 31 ans et de Cros Maria de Los Angeles 25 ans, dom. à Prades (1898-1954).

[14] PRACA Edwige, « Les Pams, une notable famille de
commerçants roussillonnais, XVIIIe-XIXe s. », La Clau n°1, bulletin de l’APHPO, Perpignan, 1998, p.63-94.

[15] ADPO, 2E833, 17-10-1821 acte de mariage à Collioure de Pierre Antoine Joseph Pams, tonnelier, avec Marie Angélique Rose Pallure.

[16] Jean Joseph Dominique Pams, né en 1834 à Port-Vendres : 2E2900 n°34 du 25-10-1834, décédé en 1882 à Perpignan, tonnelier, épouse Adélaïde Cazau. Acte de décès à Perpignan : 3E152 n°312 du 21-4-1882.

[17] ADPO, 2E2/93 n°116 du 12-7-1884 : Pierre Maurice Jean Pams, né en 1863 à Port-Vendres, fils de Jean Joseph Dominique Pams tonnelier et d'Adélaïde Cazau, épouse en 1ères noces à Perpignan Hermitte Antoinette Marie Rose. Egal. 2E2903 n°120 du 21-9-1863.

[18] Les hommes et les œuvres. Dictionnaire biographique des contemporains,ss dir de Beuve Eugène, Paris, Les Publications Encyclopédiques et Littéraires, sd, vers 1912-1913 p.316. En réalité, l’apport des fonds de François Vidal se fait par mariage : Pierre Pams, veuf d’A. Hermitte, épouse en 2ndes noces Jeanne Puig, née à Prades et domiciliée à Bompas, veuve du négociant en vins F. Vidal. Mariage à Bompas le 2-2-1901, n°8.

[19] Les hommes et les œuvres op cit. p.316.

[20] Fondation le 17 juin 1913. Le siège social initialement situé à Perpignan peut être transféré à Lézignan. La déclaration de souscription d'actions en numéraire et de versement du quart légal a été reçue à la même date par Me Parès notaire à Perpignan. Cf égal. GAVIGNAUD-FONTAINE Geneviève et MARTIN Jean-Pierre, Le Languedoc viticole, la Méditerranée et l’Europe au siècle dernier, 2000.

[21] AC Perpignan 1E103, n°371 du 24-5-1892 et acte de mariage n°14 du 25-4-1923 : mention de la naissance le 23-5-1892 de Edmond Alfred Pams, fils de Pierre Maurice Jean Pams et Antoinette Marie Rose Hermitte, sa 1ère épouse.

[22] ADPO, 1M829, dossier Légion d’honneur, lettre P : Pams Edmond Alfred, né le 23-5-1892 à Perpignan.

[23] Anne Marie Lafabrègue dite Anita (1898-1954), décède à Paris le 2-12-1954 : mention marginale dans ADPO, NMD, 2E4592 n°49 du 31-8-1898.

[24] Internet : UCCIFE 1907-2007, partenaire des entreprises à l’international. « Un siècle au service des entreprises ».

[25] Décédé en août 1975. Ses œuvres ont été approuvées par l'Eglise catholique. La revue locale Conflent à Prades, a fait appel aux talents littéraires d'Henry Jacomy, dans les années 1970.

[26] Who's Who France, 13e édition, 1977-1978, p.1279.

[27] Pierre Alfred Charles Pams, industriel domicilié à Barcelone, fils d'Edmond Pams et Anne-Marie Lafabrègue est né à Perpignan le 27 avril 1924. Il épouse Gilberte Suzanne Guichard le 7-3-1949 : mém. réf. et témoignage de M. Pams Ludovic, à Perpignan : entretien avec E. Praca le 23-4-1998.

[28] Proal Maurice, Martin-Charpenel Pierre, L’Empire des Barcelonnettes au Mexique, Marseille, 1986. Selon L. Pams en 1998, la fortune des Cros proviendrait également de l’union d’une aïeule Lafabrègue, avec un ancien général président du Guatemala (dictateur). Le cadre colonial sous-tend précocement les réseaux de pouvoirs économiques catalans et roussillonnais. 

[29] Colomer Claude, Joffre le colonial, 115e bulletin de la S.A.S.L, Perpignan, 2008.

[30] Biographie présentée par Martine Camiade, professeur en études catalanes à l’Institut Franco-Catalan Transfrontalier de l’université de Perpignan Via-Domitia : conférence APHPO, Perpignan le 18-6-2008, d’après des archives familiales inédites.

[31] « La Compagnie coloniale, une entité perpignanaise » : conférence APHPO par E. PRACA, à Perpignan le 3-12-2008.

[32] Du capitalisme familial au XXe siècle. Le testament économique de Prosper Capelle (1865-1945). Présentation et édition critique par J.-L. Escudier, publié par le Centre d’histoire et d’histoire de l’art des époques moderne et contemporaine de l’Europe méditerranéenne et de ses périphéries, Presses universitaires de la Méditerranée, Montpellier, janvier-décembre 2006, n°17-18, 2008, 250 p.

[33] Avant-propos de Dumond Lionel, p. 22 : le parcours de l’Audois Prosper Capelle, tout comme celui de nombre de ses devanciers illustre « un capitalisme qui, faute de grandes industries, semblait produire finalement assez peu d’entreprises susceptibles d’épancher la soif entrepreneuriale des plus dynamiques de ses hommes d’affaires ».